CAN 2019

CAN 2019 : Algérie-Côte d’Ivoire, une opposition de styles

Les capitaines de la Côte d'Ivoire et de l'Algérie qui se rencontrent en quart de finale de la CAN 2019 : Serge Aurier et Riyad Mahrez.

Les capitaines de la Côte d'Ivoire et de l'Algérie qui se rencontrent en quart de finale de la CAN 2019 : Serge Aurier et Riyad Mahrez. © Hassan Ammar/AP/SIPA

Jusqu’à maintenant, l’Algérie est l’équipe qui pratique le meilleur football de cette CAN 2019, alors que la Côte d’Ivoire affiche un profil nettement moins séduisant. Mais les Éléphants sont capables de faire beaucoup mieux pour s’offrir une place en demi-finales.

Les équipes qui montrent les plus belles choses ne sont pas forcément celles qui inscrivent leur nom au palmarès des grandes compétitions. Et Djamel Belmadi, le sélectionneur de l’Algérie, connaît suffisamment bien l’histoire du football, peuplée d’exemples où l’esthétisme s’incline face au froid réalisme, pour savoir que le beau ne couronne pas nécessairement le roi. Oui, depuis le début de la CAN, l’Algérie joue bien ou même très bien, selon ses humeurs. Son jeu est génétiquement tourné vers l’offensive, certaines de ses séquences sont résolument spectaculaires, et s’il y avait une justice, ce football jubilatoire ferait d’elle un très beau champion d’Afrique, le 19 juillet prochain, à moins qu’elle se mette à tourner le dos à ses penchants naturels dès jeudi soir afin d’opter pour un autre système plus roboratif.

Quatre matches gagnés, neuf buts marqués, zéro encaissé…

En quatre matches, les Fennecs ont toujours gagné, inscrit neuf buts sans en concéder un seul, des statistiques qui viennent montrer les multiples facettes d’une équipe capable d’aller chercher le Sénégal sur le plan athlétique, un des points forts des Lions, avec le résultat que l’on sait (1-0). « C’est une équipe équilibrée, cohérente, qui joue bien, parvient à se créer beaucoup d’occasions, à marquer et à bien défendre. Sur ce qu’elle montre depuis plus de deux semaines, il est évident que c’est le favori », résume Ammar Souayah, l’ancien sélectionneur de la Tunisie, notamment lors de la Coupe du monde 2002, et également passé par les bancs de l’Étoile du Sahel et de l’Espérance Tunis.

La dernière démonstration en date face à la Guinée (3-0, le 7 juillet), à l’occasion d’un huitième de finale parfaitement ficelé, est venue conforter Souayah et à peu tous ceux qui suivent de près cette CAN. Mais on aurait tendance, aussi, à oublier que les flamboyants Algériens ne vont pas affronter n’importe qui jeudi. Car la Côte d’Ivoire, même sans proposer un football aussi attractif, reste quand même un poids lourd du football africain. Elle n’a pas bouleversé les foules depuis le début de la CAN ? C’est vrai, mais elle ne serait ni la première, ni la dernière équipe à renvoyer les esthètes à leur illusions et à repartir à la maison avec une coupe comme excédent de bagages. « Même si ce n’est pas très spectaculaire, elle est là, et est capable de gêner les Algériens », intervient Patrick Mboma, lui-aussi séduit par les Nord-africains en général et Ryad Mahrez en particulier.

Mboma : « La Côte d’Ivoire peut sortir un gros match »

L’ancien capitaine des Lions Indomptables, consultant pour Canal +, a eu l’outrecuidance de dire ce qu’il pensait du football proposé par les Éléphants, c’est-à-dire pas le plus grand bien, et cela lui a valu d’être traité de « con », de « jaloux maladif » et « d’ancien attaquant besogneux (sic) » par un média ivoirien. La Côte d’Ivoire dispose d’un effectif de très bonne qualité, et beaucoup d’observateurs, et pas seulement Mboma, estiment que le jeu produit n’est pas forcément à la hauteur des attentes. « On parle quand même d’une équipe où on retrouve Pépé, Gradel, Cornet, Kessié, etc… Certains, dont le dernier nommé, tirent un peu leur épingle du jeu, mais j’ai encore le droit de dire que je ne suis pas convaincu par ce que je vois », poursuit le Camerounais.

« Mais cela ne veut pas dire que les Ivoiriens ne vont pas être capables de sortir un gros match. Ils peuvent le faire. Et n’oublions pas que contrairement aux Algériens, ils ont joué tous leurs matches à 16h30 ou à 18 heures, avec des températures élevées », rappelle le champion d’Afrique 2000 et 2002. Depuis Tunis, Souayah refuse aussi d’enterrer trop vite les poussifs Éléphants. « Attention à eux, ils peuvent faire encore très mal. Et l’Algérie a ses failles : je l’ai parfois trouvée nerveuse, avec une tendance à trop contester les décisions arbitrales. » Bref, l’opposition de styles annoncée est loin d’être jouée d’avance…

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte