Politique économique

Maroc : le Haut-commissariat au plan revoit à la baisse ses prévisions de croissance pour 2019

Ahmed Lahlimi, Haut-commissaire au plan au Maroc.

Ahmed Lahlimi, Haut-commissaire au plan au Maroc. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA/2015.

Le Haut-commissaire marocain au plan a publié le 9 juillet une note peu enthousiasmante sur la situation économique globale du royaume. Le même jour, le chef du gouvernement s'est voulu rassurant devant la Chambre des conseillers.

C’est le chiffre à retenir de la note rendue publique ce 9 juillet par le Haut-commissariat au plan (HCP) à propos de la situation économique en 2019 : un taux de croissance prévu à 2,7 %, contre 3 en 2018. Le chiffre est aussi légèrement en dessous des prévisions du même haut-commissariat à l’été 2018 et qui pariait sur une croissance à 2,9 %.

Ce ralentissement serait, à en croire les statisticiens du royaume, « imputable au fléchissement des activités primaires après deux bonnes années agricoles.» La note du HCP s’ouvre sur le secteur agricole, majeur dans l’économie marocaine. « Après deux bonnes années successives, la campagne agricole 2018-2019 s’annonce moyenne pour les céréales et plutôt bonne pour les autres cultures. » Le HCP précise aussi : « la production céréalière atteindrait 61 millions de quintaux, en régression d’environ 40 % par rapport à 2018. »

Dette publique en hausse

Autre sujet au centre de la note du HCP, le déficit budgétaire. Ce dernier « devrait s’accentuer pour atteindre 4,5 % du PIB en 2019 au lieu des 3,7 % enregistrés en 2018 ». Cette année, Rabat a décidé de lancer une vague de privatisations, concernant notamment l’opérateur téléphonique Maroc Télécom, dont il céderait 8 %, ou encore l’emblématique l’hôtel de luxe La Mamounia, à Marrakech. « En tenant compte des recettes de la privatisation, ce déficit devrait retomber à 3,6 % du PIB », continue donc le HCP. Résultat : une dette publique à hauteur de 81,3 % du PIB, « au lieu 73,4 % durant la période 2010-2017. »

Le HCP relève que le budget de l’État est alourdi cette année par « une nouvelle hausse de la masse salariale de près de 4,5 % au lieu de 1 % en 2018 ».

Saadeddine El Othmani, le chef du gouvernement, sait que l’ambiance est morose. Dans son allocution mensuelle devant la Chambre des conseillers, le 9 juillet, il a voulu rassure, et a notamment clarifié un point à valeur polémique et symbolique : la retraite des élus, qu’il ne sera pas question de renflouer avec des deniers publics, a-t-il assuré.

L’industrie peine à s’imposer dans le PIB

Et alors que le HCP pointe aussi un ralentissement de l’investissement pour l’année 2019, El Othmani s’est engagé à mettre en place un système visant à mieux évaluer les investissements publics, avant de vanter l’intérêt des partenariats public-privé pour stimuler la croissance et la création d’emplois.

« Le secteur industriel, qui semble être la clé de la relance économique, peine toujours à accentuer sa part dans le PIB », avertit la note. Durant la conférence de presse qui a suivi la publication de cette note, le 9 juillet, le haut-commissaire Ahmed Lahlimi et ses collaborateurs ont prévenu que l’industrie automobile ne suffirait pas à répondre à la problématique, d’autant plus que le secteur peut être volatile.

Dernier point soulevé par le HCP, « le gap structurel entre le niveau des exportations et celui des importations » qui fragilise la contribution de la demande extérieure nette à la croissance économique.

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