Politique

Algérie : l’islamiste Slimane Chenine élu nouveau président de l’Assemblée populaire nationale

Une séance à l'Assemblée populaire nationale en Algérie (image d'illustration).

Une séance à l'Assemblée populaire nationale en Algérie (image d'illustration). © Wikimedia Commons/Magharebia

Les députés ont élu mercredi 10 juillet Slimane Chenine (alliance Nahda-Adala-Bina) à la présidence de l'Assemblée populaire nationale (APN), une semaine après la démission de Mouad Bouchareb. Pressenti depuis plusieurs jours, le secrétaire général du FLN Mohamed Djemai a finalement retiré sa candidature après une longue journée de tractations. Explications.

Réunis en séance plénière, les parlementaires de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont élu mercredi Slimane Chenine, député d’Alger sous l’étiquette de l’alliance Nahda-Adala-Bina, pour remplacer Mouad Bouchareb à la tête de leur institution. Félicité avant même le vote à bulletin secret, ce journaliste de profession, directeur d’une publication arabophone, a été choisi pour « apporter un équilibre », selon les mots de plusieurs de ses pairs.

Slimane Chenine, le nouveau président de l'Assemblée populaire nationale (APN) algérienne. © YouTube/TSA – Tout sur l’Algérie

« Il faut que les députés prennent conscience que le contexte ne permet plus que le Parlement soit géré par les partis affidés au régime, mais par des formations d’opposition qui sont actuellement en phase avec les revendications du peuple », déclarait dans la matinée à Jeune Afrique Lakhdar Benkhallef, chef du groupe parlementaire Nahda-Adala-Bina.

Inattendue, l’élection de Slimane Chenine, également membre de la commission des affaires juridiques de l’APN, s’est précisée au fil des tractations de la journée, notamment lorsque le Rassemblement national démocratique (RND) a décidé à la mi-journée de retirer son candidat, Lakhdar Athmane. Le prétendant officiel du Front de libération nationale (FLN) Mohamed Djemai s’est désisté quant à lui en fin de journée. « Nous avons décidé de soutenir Slimane Chenine parce que nous avons privilégié l’intérêt de l’Algérie. Nous avons préféré l’intérêt de l’Algérie à tout autre considération », a-t-il expliqué.

Pour la première fois, le FLN n’était pas parvenu à s’entendre sur une candidature commune. Outre son secrétaire général Mohamed Djemai, officiellement désigné la veille, Abdelhamid Si Affif, député de Mostaganem, président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée et membre du comité central du parti, ainsi que Mustapha Boualeg, avaient choisi de concourir. Trois autres parlementaires étaient également en lice : Houari Benaoula (Wafa El Watani), Noureddine Belmeddhah (sans appartenance politique) et Mohamed Helali (indépendant).

Le FLN déchiré

Le groupe parlementaire FLN s’était réuni mardi pour désigner Mohamed Djemai comme son candidat officiel au poste de président de l’Assemblée nationale, à l’issue de longues et houleuses tractations. Les deux candidatures dissidentes de Si Affif et de Boualeg sont venues confirmer une nouvelle fois l’absence de consensus au sein du vieux parti. « Cette situation montre que le téléphone n’a pas fonctionné et que le Parlement n’est même plus un enjeu pour ce régime », confiait mercredi matin à Jeune Afrique un membre du bureau de l’APN. « Si j’ai le choix entre le diable et Djemai, je voterai pour le diable », déclarait à Jeune Afrique un député FLN avant le vote.

Lundi, le conclave du FLN avait été perturbé par l’intrusion de Saïd Bouhadja, qui a demandé à Djemai de le rétablir comme président de l’Assemblée

Lundi, le secrétaire général Mohamed Djemai avait réuni le comité des sages et les députés FLN pour s’assurer de leur soutien. Un conclave boudé, selon nos informations, par la plupart des cadres du parti, et perturbé par l’intrusion de Saïd Bouhadja, qui a demandé à Djemai de le rétablir dans ses droits comme président légitime de l’Assemblée. En attente de l’avis du Conseil d’État, qu’il avait saisi au lendemain de sa destitution en octobre par le clan Bouteflika et son remplacement par Mouad Bouchareb, Bouhadja ne s’est pas porté candidat.

Perchoir éjectable

Mouad Bouchareb a été forcé par sa propre famille politique à déposer mardi 2 juillet sa démission, après avoir résisté pendant de longue semaines. Le dernier acte du bras de fer s’était déroulé le matin même de la démission, lorsque l’occupant du perchoir avait été empêché d’accéder à son poste pour clôturer la session parlementaire 2018-2019. Les membres du gouvernement, qui devaient assister à l’événement, avaient dû rebrousser chemin pour se rendre au Conseil de la nation, où la même cérémonie a pu avoir lieu sous la présidence de Salah Goudjil, président par intérim de la seconde chambre depuis la nomination d’Abdelkader Bensalah à la tête de l’État.

Dimanche 7 juillet, la commission des affaires juridiques de l’Assemblée a confirmé la vacance de poste de son président. Aussitôt, le bureau de cette institution lui a emboîté le pas pour annoncer la prolongation de la session parlementaire, et permettre ainsi l’élection d’un nouveau président.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte