Politique

Algérie : des partis d’opposition proposent un dialogue pour la présidentielle

Des manifestants dans le centre-ville d'Alger, vendredi 17 mai 2019. © Toufik Doudou/AP/SIPA

Des partis d'opposition en Algérie ont appelé le 6 juillet à la création d'une instance de dialogue en vue d'organiser "dans six mois" une élection présidentielle, excluant la participation des "symboles de l'ancien régime".

Cette instance sera composée de « personnalités choisies dans un cadre consensuel entres les parties du dialogue avec l’exclusion des symboles de l’ancien régime », selon un projet de feuille de route présenté lors d’une réunion à Alger, présidée par l’ancien ministre et opposant Abdelaziz Rahabi.

Ont notamment pris part à ce forum Ali Benflis, chef de l’Avant-garde des Libertés et principal adversaire du président déchu Abdelaziz Bouteflika à l’élection présidentielle de 2014, Abderrezak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), principal parti islamiste représenté au Parlement, et Soufiane Djilall, président du parti Jil El Djadid. Des représentants de la société civile étaient aussi présents à la réunion.

Des partis d’opposition comme le Front des forces socialistes (FFS), le plus ancien parti d’opposition d’Algérie, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ou encore l’ancien président Liamine Zeroual ont en revanche refusé de participer à cette réunion.

« Un dialogue politique souverain »

Les participants ont proposé, en vue de préparer l’élection, de « se mettre d’accord sur une période d’une durée de six mois, laquelle débouchera sur une élection libre et pluraliste qui permettra au peuple d’exercer sa pleine souveraineté ».

À cette fin, ils ont appelé à la création d’une « instance nationale pour l’organisation de l’élection présidentielle », qui naîtra d’un « accord politique adopté à travers un dialogue politique souverain », selon la feuille de route. Ils ont précisé que ce dialogue resterait ouvert à « toutes les parties politiques accompagnant le mouvement populaire ».

Depuis la démission de Abdelaziz Bouteflika le 2 avril, le président intérimaire Abdelkader Bensalah et le chef d’état-major de l’armée le général Ahmed Gaïd Salah, véritable homme fort du pays, font face à un mouvement de protestation, qui manifeste chaque vendredi contre le régime et avec lequel il s’oppose sur les contours de la transition politique.

Les protestataires, l’opposition et la société civile refusent catégoriquement que les proches de l’ex-président encore aux commandes organisent une présidentielle et réclament des institutions de transition indépendantes. Faute de candidat, la présidentielle prévue le 4 juillet avait d’ailleurs été annulée.

Abdelkader Bensalah a proposé mercredi un dialogue pour préparer la présidentielle dans lequel ni les autorités politiques ni l’armée ne seraient impliquées, excluant aussi les personnalités à l’affiliation partisane. Cette proposition n’a pas calmé les manifestants qui ont de nouveau manifesté pour un 20e vendredi consécutif, réclamant le départ de tous les anciens fidèles du président déchu.

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