Économie

Cameroun : le lobbying de Somdiaa porte ses fruits

Par
Mis à jour le 31 juillet 2014 à 12:30

Après avoir tiré la sonnette d’alarme auprès du président camerounais au sujet de la concurrence déloyale, la Société sucrière du Cameroun, filiale du groupe français Somdiaa, a vu ses craintes prises en compte et ses demandes – en partie – exaucées.

La Société sucrière du Cameroun (Sosucam) respire. La filiale du groupe français Somdiaa, concurrencée par des importations massives du Brésil et d’Asie et par le sucre de contrebande venu du Nigeria, a été entendue. Après avoir perdu 10,3 millions de dollars (7,8 millions d’euros) en août et septembre 2013, la Sosucam avait menacé d’arrêter l’usine de Nkoteng, l’une de ses deux unités de production.

Conditions de concurrence

Son directeur général, Louis Yinda, avait, dans une missive, sensibilisé le président Paul Biya sur cette situation, évoquant même une fermeture définitive « si les conditions de pleine concurrence n’étaient pas rétablies ». Le message semble avoir été entendu puisque Somdiaa note « l’arrêt progressif des autorisations d’importations qui dépassaient largement les besoins nationaux et un meilleur contrôle des frontières au nord qui ralentit la fraude en provenance du Nigeria ».

Lire aussi:

Sucre : Somdiaa investit 320 millions d’euros

Sosucam : 10,3 millions de dollars de manque à gagner en deux mois

Cameroun : une nouvelle sucrerie pour 2014

Alexandre Vilgrain : « On peut être industriel en Afrique et être rentable »

Le groupe industriel français Somdiaa, qui avait prévu d’investir plus de 320 millions d’euros (210 milliards de FCFA) pour mener à bien son plan de développement 2012-2017 dans l’industrie sucrière, se retrouve de plus en plus confronté aux ravages des importations illégales en Afrique.

Le contre-exemple tchadien

Ainsi au Tchad, le groupe a été contraint de suspendre les activités de son usine de N’Djamena en 2012. En février dernier, sa filiale locale, la Compagnie sucrière du Tchad (CST), a annoncé qu’elle fermait sa principale unité, située à Banda (dans le Sud du pays), et mettait au chômage 2 500 employés. Une mésaventure que le Cameroun a, pour l’instant, réussi à prévenir.