Innovation

Tunisie : pour Telnet Holding, la conquête de l’espace passera par la Russie

Signature du partenariat entre Telnet et les sociétés russes Sputnix et GK Launch Services, le 24 juin à Moscou. © Telnet

Mohamed Frikha poursuit son rêve spatial en s’alliant avec deux sociétés russes pour le lancement de satellites et la formation des futurs ingénieurs aéronautiques de son groupe, Telnet Holding.

Telnet Holding, groupe d’ingénierie dirigé par Mohamed Frikha, a conclu, le 24 juin, un accord avec les sociétés russes Sputnix et GK Launch Services au centre d’innovation de Skolkovo, dans la banlieue de Moscou, pour le lancement, en septembre 2020, d’un premier satellite test, puis de 30 satellites dédiés à la télécommunication et à l’IoT (internet des objets) en 2023.

La formation des premiers ingénieurs tunisiens spécialisés dans l’aérospatiale par les spécialistes russes est aussi incluse dans le partenariat.

« C’est le début d’une nouvelle l’industrie pour la Tunisie, celle de l’espace ! », s’enthousiasme Mohamed Frikha joint par Jeune Afrique le 2 juillet, à son retour de la capitale russe. « Ces trente satellites permettront de couvrir toute la planète 24 heures sur 24 alors que la connexion par voie terrestre ne permet que de couvrir 10 % du globe. »

« Elon Musk tunisien »

Les projets de satellites et de formation sont estimés à plusieurs centaines de millions de dollars. Mohamed Frikha, dont la holding a affiché 40 millions de dinars (12 millions d’euros) de revenus consolidés en 2018, réfléchit actuellement à la forme que prendront ces investissements (partenariat public-privé, etc.).

L’entrepreneur de 55 ans, actionnaire majoritaire de Telnet Holding, dont il détient le tiers du capital, s’est tourné vers la Russie car le lanceur Soyouz 2 est « le plus performant et le moins coûteux », assure-t-il.

Le « Elon Musk tunisien » – surnom donné aussi bien par ses partisans que ses détracteurs – rappelle qu’il y a cinquante ans, en 1969, les Soviétiques participaient à la création de l’École nationale d’ingénieurs de Tunis (ENIT). « Et aujourd’hui, ils vont nous aider à conquérir l’espace ».

Vers un redécollage de Syphax ?

Mohamed Frikha, qui est également député Ennahdha (démocrate-musulman), prend cependant soin d’affirmer qu’il n’est nullement inféodé à la Russie. « Dans l’espace, il n’y a plus de pays : regardez le nombre de satellites européens qui sont lancés par Soyouz, ou la Station internationale où Russes et Américains collaborent. » Et de rappeler qu’une filiale de Telnet est installée à Paris et qu’Aerospace Valley Toulouse, la Technopole de Sfax et Telnet Holdingla ont signé, en février 2018, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron en Tunisie, un accord de coopération pour la création d’un centre aérospatial, le premier en Afrique et dans le monde arabe, où seront dispensés les formations des Russes.

Telnet Holding ne s’intéresse pas seulement à l’espace. Elle possède la société aérienne Syphax, qui a connu de nombreux déboires. Mohamed Frikha assure à Jeune Afrique qu’au premier semestre 2020, les premiers vols commerciaux reprendront. La société possède déjà des avions qu’elle loue à Tunisair pour ses vols intérieurs Tunis-Jerba et Tunis-Tozeur et devrait bientôt proposer à d’autres compagnies africaines.

Autant de nouvelles qui semblent convaincre le marché puisque le prix de l’action de Telnet Holding a été multiplié par 3,8 depuis son plus bas niveau, en 2015. Reste maintenant à décrocher les étoiles tout en gardant les pieds sur terre.

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