Diplomatie

Maroc : El Imam Maelainin, un notable sahraoui pour représenter la Côte d’Ivoire à Laâyoune

Le nouveau consul honoraire de Côte d'Ivoire à Laâyoune, Mohamed El Imam Maelainin (3e à dr.), aux côtés de l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Maroc, Idrissa Traore.

Le nouveau consul honoraire de Côte d'Ivoire à Laâyoune, Mohamed El Imam Maelainin (3e à dr.), aux côtés de l'ambassadeur de Côte d'Ivoire au Maroc, Idrissa Traore. © DR

Descendant d'une famille de notables sahraouis, entrepreneur avisé à la tête d'un conglomérat des plus puissants de la région, acteur dynamique de la société civile dans le Sud... Mohamed El Imam Maelainin s'est offert la semaine dernière une nouvelle casquette, en ouvrant le premier consulat honoraire dans une ville du Sahara. Portrait.

C’est en grande pompe que le consulat honoraire de Côte d’Ivoire à Laâyoune a été inauguré officiellement, vendredi 26 juin. L’événement est historique : jamais un pays, même parmi les plus grands amis du Maroc, n’avait franchi un tel palier en cautionnant une représentation diplomatique, même honoraire, dans une des villes du Sahara, objet d’un différend territorial qui traîne depuis quarante-quatre ans.

Pour Idrissa Traore, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire qui a fait le déplacement depuis Rabat, l’appui d’Abidjan est total sur le dossier du Sahara. « Dans cette affaire, la Côte d’Ivoire a été, est et sera aux côtés du Maroc. Pour nous, la paix passe par le respect de l’intégrité territoriale du Maroc », martèle-t-il.

Descendant d’une grande lignée

Derrière ce succès de la diplomatie parallèle, un jeune entrepreneur sahraoui connu et apprécié dans la région. Descendant d’un des clans les plus influents aussi bien au Maroc qu’en Mauritanie, Mohamed El Imam Maelainin porte rien que dans son nom un lourd héritage.

Son arrière-grand-père – auquel il doit son prénom – était le responsable des affaires islamiques auprès des tribus Aït Baâmrane

Son arrière-grand-père – auquel il doit son prénom – était le responsable des affaires islamiques auprès des tribus Aït Baâmrane. Un ouvrage a été consacré à cette figure sahraouie, poète et président de l’Association des linguistes. Il a été rédigé par l’ancien magistrat de la Cour suprême et ancien membre de l’Instance équité et réconciliation, Mae El Aynine Maelainin – qui n’est autre que le petit-fils de l’intéressé, et donc le père de l’actuel consul honoraire de Côte d’Ivoire à Laâyoune.

Entrepreneur et acteur associatif

Le jeune Mohamed El Imam choisit très jeune de se lancer dans les affaires, après des études entre Moscou et Londres. « J’ai créé ma première entreprise en 1997, à 24 ans seulement », raconte à Jeune Afrique celui qui est aujourd’hui à la tête du Groupe Cheikh Malainin d’Investissement (GCMI).

Avec sa chaîne de supermarchés, ses projets immobiliers, son réseau d’agences de transfert d’argent, ses sociétés de distribution et d’agro-alimentaire, le conglomérat est aujourd’hui un des plus importants employeurs de la région, possédant une dizaine de structures qui brassent un chiffre d’affaires avoisinant le milliard de dirhams (91,4 millions d’euros).

Une association est également adossée au groupe pour mener des actions caritatives sur tous les fronts. « Il a su perpétuer cette grande tradition de solidarité et de générosité sahraouie, tout en la modernisant, témoigne un de ses proches. Des dizaines d’orphelins et de ménages sont pris en charge par l’association, financée exclusivement par le groupe et qui s’appuie sur des enquêtes de terrain pour venir en aide aux plus nécessiteux. »

« Rayonnement continental »

Cette proximité avec la population, Mohamed El Imam n’a jamais été tenté de la convertir en dividendes politiques, malgré les nombreuses propositions des partis qui voyaient dans ce jeune entrepreneur du Sud le candidat idéal. « Je n’ai jamais voulu que les actions de mon association souffrent d’une quelconque interprétation politique. Ma modeste contribution est destinée à mes concitoyens et à mon pays », justifie-t-il.

Nos provinces du Sud sont la voie naturelle pour mettre en œuvre la stratégie africaine initiée par le roi Mohammed VI

Aujourd’hui, le nouveau consul se lance dans la diplomatie avec une vision très pragmatique. « Il n’y a aucune raison pour que nos provinces du Sud ne puissent avoir le rayonnement continental qu’elles méritent. Elles sont d’ailleurs la voie naturelle pour mettre en œuvre la stratégie africaine initiée par le roi Mohammed VI et qui connaît un véritable essor », explique Maelainin, qui envisage l’organisation d’une mission d’affaires ivoirienne dans les provinces du Sud. D’autres événements culturels et des projets de jumelage entre des villes du sud marocain et celles ivoiriennes sont également annoncés.

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