Transport maritime

[Infographies] Les ports de Cotonou, Lomé, Pointe-Noire et Tema ont le vent en poupe

Vue aérienne du port Autonome de Cotonou, au Bénin, le 24 février 2016.

Vue aérienne du port Autonome de Cotonou, au Bénin, le 24 février 2016. © © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Retour en images sur le classement annuel des ports de commerce africains de la fondation African Ports Awards, dont le président, Guy Manouan, décrypte pour Jeune Afrique les enjeux et les tendances de ce secteur clé de l’économie africaine.

Ils sont les interfaces d’entrée et de sortie des marchandises en Afrique. Du nord au sud du continent, chaque pays tente d’équiper sa façade maritime d’un port de commerce rivalisant avec celui de ses voisins.

Pour représenter clairement les capacités de ces infrastructures, la fondation African Ports Awards (APA) publie une série de classements annuels regroupant 29 ports de la région Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale, dont la dernière édition a été dévoilée à Lomé le 19 juin. Axés sur trois critères (performances opérationnelles, performances des infrastructures et performances du système de management), ces classements mettent à l’honneur les ports de Lomé (Togo), Pointe Noire (République du Congo), Cotonou (Benin) et Tema (Ghana).

Retour en images sur les grands enseignements de cette édition 2018.

Palmarès 2018 des principaux classements de la Fondation African Ports Awards

  • Performances opérationnelles :

Pour la productivité des terminaux à conteneurs, le port de Tema est en tête devant Pointe-Noire (Congo), Luanda (Angola).


Pour la productivité à quai, le port de Pointe-Noire est en première position devant Lomé (Togo) et Tema.


Pour le trafic global de conteneurs, Lomé est en tête avec 1,4 millions d’EVP devant Tema (1,01 millions d’EVP) et Pointe-Noire (739 000 EVP).


Pour le trafic en transbordement, Lomé est en tête devant Pointe-Noire et San Pedro.


Pour le trafic en transit, le port de Cotonou est devant ceux de Lomé et de Dakar.


Éclairage : trois questions à Guy Manouan, président de la fondation APA

Guy Manouan, président de la fondation African Ports Awards.

Guy Manouan, président de la fondation APA et expert financier dans le domaine portuaire, décrypte pour Jeune Afrique les enjeux opérationnels et les grandes tendances du secteur pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, sur lesquelles se focalisent les classements.

Tous les ports veulent se positionner comme des hubs et investissent dans des projets d’extensions et d’infrastructures qui risquent d’outrepasser les besoins du trafic

Jeune Afrique : Pour les armateurs, quels éléments font la qualité et l’attractivité d’un port de commerce ?

Guy Manouan : C’est avant tout les conditions de célérité des opérations qui comptent pour les armateurs, lesquelles dépendent des équipements disponibles et des process d’organisation.

L’importance du tirant d’eau permise par la profondeur du port est également importante : plus un tirant sera élevé, plus il permettra d’accueillir des navires de grande taille.

Entrent aussi en considération tous les coûts directs et indirects des services (redevances portuaires, douanes, impôts…) que devront payer les transporteurs. Enfin, les armateurs prendront en compte les infrastructures terrestres disponibles pour le transit des marchandises vers les pays qui n’ont pas accès à la mer.

Quels sont les enjeux de demain pour le secteur ? 

Le trafic maritime tend à la massification, c’est-à-dire que les transporteurs exploitent des navires de plus en plus gros et chargés pour optimiser leurs coûts d’exploitation. Parallèlement, tous les ports, que ce soit Abidjan, Tema, Lomé, Pointe-Noire ou Dakar, veulent se positionner comme des hubs, et investissent dans des projets d’extensions et d’infrastructures qui risquent d’outrepasser les besoins du trafic.

Il faut à mon avis que les pays se concertent pour avoir une réflexion structurelle sur le long terme, afin d’identifier des hubs de transbordement, des zones de transit, et de créer des chaînes logistiques interconnectées (routes, chemin de fer, transport fluvial) pour organiser les transports à l’intérieur des régions. Certes, la transition démographique de l’Afrique est forte et la consommation va augmenter, mais il faut préparer cela de manière modérée.

Dans ce contexte de course à l’équipement, que peuvent faire les « petits » ports, faute rivaliser avec les plus grandes infrastructures ?

Il y a une étude à faire pour déterminer à moyen et long terme les objectifs de ces petits ports. La solution peut être soit d’orienter leur activité vers la polyvalence – un peu de containers, un peu de vrac liquide, un peu de vrac solide – ou alors au contraire une spécialisation en fonction de la production des pays : par exemple dans le vrac liquide au Nigeria, dans le transport de minerais en Guinée. Mais il y a indéniablement un réflexion à mener.

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