Elections

Côte d’Ivoire : le PDCI suspendu à la décision d’Henri Konan Bédié pour la présidentielle de 2020

Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI). © Vincent Fournier/JA

Henri Konan Bédié, le président du PDCI, a annoncé jeudi que la question du candidat du parti à la présidentielle de 2020 serait abordée au prochain bureau politique d'octobre. La convention chargée de le désigner aura lieu dans la foulée.

Qui sera le candidat du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) lors de la prochaine élection présidentielle d’octobre 2020 ? La question agite l’ancien parti unique depuis des mois, d’autant plus que son président, Henri Konan Bédié (HKB), maintient le suspense sur ses intentions. Certains espéraient qu’elle soit débattue lors du bureau politique du jeudi 27 juin, mais ils ont rapidement déchanté.

Très détendu et d’humeur badine, Bédié a néanmoins indiqué dans son discours d’orientation que la « toute prochaine session (serait) consacrée à la convocation d’investiture de notre candidat ». En clair, c’est lors du prochain bureau politique, qui doit se tenir en octobre, que les conditions d’organisation de la convention d’investiture seront abordées. Une convention qui sera normalement, elle aussi, organisée dans le dernier trimestre de l’année.

Vers des candidatures dissidentes ?

Les modalités de la désignation dépendront principalement de l’identité des prétendants. De Jean-Louis Billon, Noël Akossi Bendjo, en passant par Maurice Kakou Guikahué et Thierry Tanoh, le PDCI ne manque pas de candidats putatifs. Mais si Bédié décide de se lancer, la plupart renonceront à briguer l’investiture. Dans le cas contraire, un vote devrait être organisé, et les jeux seront particulièrement ouverts.

Bédié envisage-t-il d’être candidat ou de proposer une ou plusieurs personnalités de son choix ? En interne, tout le monde essaie de deviner les intentions du Sphinx de Daoukro. Dans son entourage, chacun a son avis sur la question. L’intéressé temporise, estimant sans doute que le temps lui est favorable.

Le risque est que cela ouvre sur des candidatures dissidentes et affaiblisse considérablement la dynamique unitaire

« Il y a, chez les candidats putatifs, la peur d’une désillusion. Ils craignent qu’en annonçant sa candidature au dernier moment, le président Bédié les mettent devant le fait accompli. Le risque est que cela ouvre sur des candidatures dissidentes et affaiblisse considérablement la dynamique unitaire », explique Franck Ekra, fondateur à Abidjan du Laboratoire d’innovation et d’action publique (Lab’nesdem) et par ailleurs membre du bureau politique du PDCI.

Guerre de positionnement

Secoué par le départ de nombreux cadres au RHDP, le PDCI fait actuellement face à une guerre de positionnement pour le contrôle de l’appareil en vue de l’élection de 2020. La gestion de la direction du parti et de son secrétaire exécutif, Maurice Kakou Guikahué, est jugée opaque par certains cadres. Proche de l’ancien président, Guikahué est le numéro deux du parti. Son statut ne semble pas du tout remis en cause. Jeudi, Bédié l’a chargé de « poursuivre et finaliser, avant la tenue du prochain bureau politique, les travaux engagés entre le PDCI-RDA, les partis politiques de l’opposition ivoirienne, sans exclusive, et les forces vives de la nation, éprises de paix et d’équité, pour la mise en place effective de la plateforme, non idéologique, de collaboration ».

La convention devrait également être l’occasion d’adopter le programme de gouvernement de la formation, sur lequel une équipe travaille actuellement. Quelles seront ses principales orientations ? « La sauvegarde du PDCI étant assurée, le parti est naturellement traversé par de nouveaux questionnements, poursuit Franck Ekra. Mais il doit proposer une vision progressiste novatrice, formuler des choix stratégiques clairement identifiables, un cap susceptible de donner de l’avenir au pays, en sortant du registre de la passion dans lequel ses adversaires tendent à l’enfermer. »

Bédié au centre de critiques

Ces dernières semaines, les propos d’Henri Konan Bédié ont suscité la polémique. « On fait venir des étrangers armés qui sont stationnés dans beaucoup de villages. S’ils sont armés, c’est pour servir à quoi ? Il faut seulement que nous soyons conscients, le moment venu, nous agirons pour empêcher ce hold-up sur la Côte d’Ivoire, sous le couvert de l’orpaillage. Nous dénoncerons aussi ceux qu’on fait venir clandestinement. Cela se passe surtout dans la commune d’Abobo. Les gens rentrent, on leur fait faire des papiers et ils ressortent. Certains repartent, d’autres restent. Et tout cela dans quel but ? Si c’est pour venir fausser les élections de 2020, nous préférons le savoir », avait-il notamment déclaré le 5 juin.

Particulièrement critiqué, Bédié a maintenu ses propos ce jeudi. Il avait préalablement rencontrer plusieurs diplomates européens, le 25 juin, afin d’aborder les questions de l’orpaillage clandestin et la fraude électorale. Lors de cette rencontre, l’ancien président ivoirien avait dénoncé l’instrumentalisation de la question des étrangers, accusant le gouvernement de lui prêter de fausses intentions. Les diplomates s’étaient vus remettre un document explicatif.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte