Politique

Tunisie – Blanchiment d’argent et financement du terrorisme : vers la sortie de la liste noire du Gafi ?

Selon la Banque centrale de Tunisie (image d’illustration), le pays devrait sortir cet automne de la liste grise « des pays sous surveillance » du Groupe d’action financière (Gafi).

Selon la Banque centrale de Tunisie (image d’illustration), le pays devrait sortir cet automne de la liste grise « des pays sous surveillance » du Groupe d’action financière (Gafi). © DrFO.Jr.Tn/CC/Wikimedia Commons

Les experts du Groupe d'action financière (Gafi) se rendront prochainement en Tunisie pour voir si les progrès réalisés en matière de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme sont suffisants pour sortir le pays de sa liste noire.

Le Groupe d’action financière (Gafi) mènera une mission d’observation en Tunisie à partir du 15 septembre. Les membres de cet organisme intergouvernemental se rendront à la Commission tunisienne des analyses financières (Actaf), à la Bourse et auprès des corps de métiers concernés (experts comptables, agents immobiliers, avocats). Le but : vérifier que les réformes en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme sont correctement appliquées.

Le pays s’était engagé à renforcer son arsenal législatif pour sortir de la liste noire du Gafi. Le 20 juin, l’institution a reconnu que des progrès avaient été accomplis. Elle statuera définitivement à l’occasion de sa prochaine assemblée plénière, entre le 13 et le 18 octobre.

« La Tunisie n’est pas encore sortie de l’auberge »

Vendredi 21 juin, Marouane Abassi, le directeur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), a tenu à préciser que malgré les retraits attendus des listes du Gafi et de l’UE, la Tunisie n’« était pas encore sortie de l’auberge ». Comme depuis son arrivée à la BCT en février 2018, il a plaidé pour une accélération de l’inclusion financière en favorisant le « decashing » (abandon de la monnaie papier au profit de moyens de paiement dématérialisés via le mobile ou autre) afin de lutter contre le marché informel, qui facilite le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent et qui représenterait plus de la moitié du PIB tunisien.

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