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Politique

Tunisie : quand l’état de santé du président Essebsi et des dirigeants de l’Assemblée suscite le malaise

Le président tunisien, Béji Caïd Essebsi, à Tunis, le 6 février 2015. © Hassene Dridi /AP/SIPA

Les malaises du président de la République et du vice-président de l’Assemblée - après l'hospitalisation du titulaire du poste - suscitent la confusion depuis la fin de semaine dernière en Tunisie. Un imbroglio qui interroge, alimenté par les rumeurs et les démentis informels.

Depuis la semaine dernière, l’état de santé des hommes forts des pouvoirs exécutif et législatif fait beaucoup de bruit. Après le malaise d’Abdelfattah Mourou, premier vice-président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), mercredi en plein hémicycle, et l’hospitalisation de Mohamed Ennaceur, président du Parlement, c’est une défaillance du président de la République, Béji Caid Essebsi, qui a semé la confusion.

Entre interrogations sur leur état de santé et tentatives d’éclaircissement sur les raisons de leur hospitalisation, les rumeurs vont bon train. Le tout dans une atmosphère électrique suite à l’adoption du très controversé Code électoral et les nombreuses tensions que suscitent les prochaines élections législatives et présidentielle, prévues respectivement en octobre et novembre 2019.


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Vendredi, des médias informent dans la journée que le président de la République, âgé de 93 ans, a été transporté à l’hôpital (public) militaire de Tunis. Aussitôt les rumeurs circulent sur les réseaux sociaux, notamment celle d’une détérioration rapide de son état et son transfert « d’urgence » en France, semant la confusion dans l’esprit des Tunisiens.

Aucun communiqué officiel

Quelques heures plus tard, la porte-parole de la présidence de la République, Saïda Garrach, réagit sur sa page Facebook personnelle : « Nous vous rassurons tous, le président va bien. Il ne s’agit que de quelques examens ordinaires à l’hôpital militaire. Merci pour vos appels et intérêt. »

De son coté, le conseiller principal de la présidence de la République chargé des médias, Firas Guefrech, annonce – lui aussi sur son propre compte – que le chef de l’État a été victime « d’un léger malaise » mais « que tout va bien pour lui ».

Toujours de façon informelle et sans communiqué officiel, la même source informe le lendemain que le président a désormais quitté l’hôpital et que son planning de la semaine sera maintenu, nomment sa participation à la célébration du 63e anniversaire de l’armée tunisienne – selon les premières images de la cérémonie, le chef de l’État ne semblait toutefois pas avoir assisté lundi matin au début des commémorations. Il va par ailleurs se pencher dans les jours à venir, précise-t-il, sur les amendements de la loi électorale après la polémique suscitée par leur vote à l’ARP.

La 2e vice-présidente à la tête de l’Assemblée

Mercredi, déjà, le premier vice-président de l’ARP, Abdelfattah Mourou, avait été frappé de malaise. Alors qu’il présidait une séance plénière consacrée à l’audition du ministre du Transport, Hichem Ben Ahmed, celle-ci s’est transformée en un débat houleux entre les députés du parti islamiste Ennahdha et Salem Labiadh, parlementaire du Bloc démocratique qui accuse les premiers d’hypocrisie et d’utilisation de la religion à des fins politiques.

Tentant d’apaiser les tensions, Mourou s’emporte. Il perd alors connaissance. Une équipe médicale intervient à l’intérieur de l’hémicycle. La séance est levée. Quelques heures plus tard, son transfert à l’hôpital militaire est démenti, et le quotidien al Sabah affirme que son état s’est amélioré. En l’absence du premier vice-président, c’est la deuxième vice-présidente, Faouzia Ben Fedha, qui a pris depuis le relais pour présider les travaux parlementaires.

L’hospitalisation dans une clinique privée de la capitale de Mohamed Ennaceur, président de l’ARP, « suite à un malaise », demeure quant à elle très peu médiatisée. Aucune précision n’a été fournie, à part la stabilisation de son état de santé, toujours selon des médias locaux. Si la nouvelle a circulé seulement samedi, quatre jours plus tôt, l’occupant du Perchoir était déjà absent de l’hémicycle lors de l’imbroglio autour de l’hommage à rendre au président égyptien Mohamed Morsi, décédé la veille.

L’article 84 de la Constitution actuelle stipule qu’ « en cas de vacance provisoire de la fonction de Président de la République pour des motifs qui rendent impossible la délégation de ses pouvoirs, la Cour constitutionnelle se réunit sans délai et constate la vacance provisoire, le Chef du Gouvernement remplace le Président de la République. » En revanche, en cas de « décès ou d’incapacité permanente ou pour tout autre motif de vacance définitive, la Cour constitutionnelle se réunit sans délai, constate la vacance définitive et en informe le Président de l’Assemblée des représentants du peuple qui est sans délai investi des fonctions de Président de la République par intérim, pour une période de quarante-cinq jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus. »

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