Diplomatie

Maroc : des milliers de manifestants contre le « congrès de la honte » à Bahreïn

Des manifestants lors d'un rassemblement contre la conférence de Bahreïn relatif à un projet américain sur le conflit israélo-palestinien, le 23 juin 2019 à Rabat, au Maroc. © AFP

Plusieurs milliers de personnes ont manifesté le 23 juin à Rabat pour protester contre la conférence de Bahreïn, co-organisée par les États-Unis et qui doit se pencher sur le volet économique du plan américain pour le Proche-Orient, en l'absence des Palestiniens.

La « Marche du peuple marocain contre le congrès de la honte » était organisée à l’appel de l’Association marocaine de soutien au peuple palestinien (gauche panarabe) avec des appuis divers, allant du puissant mouvement islamiste Al adl wal Ihsane au parti islamiste Justice et développement (PJD) – qui dirige la coalition gouvernementale -, en passant par la Fédération de la gauche démocratique (FGD) et l’Istiqlal (centre-droit).

« Mort à Israël », « Mort aux États-Unis », ont crié des manifestants, qui ont brûlé un drapeau israélien à proximité du Parlement. D’autres slogans visaient les « régimes arabes traitres », décrits comme « des alliés du sionisme », tandis que des banderoles affirmaient : « Le peuple marocain refuse toute participation au congrès de Bahreïn ».

Ce refus d’une « participation du Maroc », « à quelque niveau que ce soit », figure dans la déclaration finale des organisateurs. Un sit-in est prévu mardi à Casablanca, jour d’ouverture de la conférence de Manama.

Violation des « droits du peuple palestinien »

Pour Mohamed Zouitene, un député du PJD, la réunion de Bahreïn « viole les droits du peuple palestinien » – droit de retour des réfugiés et droit de bâtir son État avec Jérusalem-Est comme capitale.

Abderrahim, 25 ans, estime lui que « si le Maroc participe à la conférence de Bahreïn », cela « ne représentera pas le peuple marocain ».

La Maison Blanche a indiqué la semaine dernière que le Maroc serait présent à la conférence prévue mardi et mercredi. Mais, jusque-là, le royaume n’a ni confirmé ni infirmé.

Le volet économique du plan américain, divulgué samedi par Washington, prévoit de lever plus de 50 milliards de dollars pour les Palestiniens au cours de la prochaine décennie et de transformer leur économie en créant plus d’un million d’emplois.

L’Autorité palestinienne boycotte la conférence en estimant que l’administration Trump, qui affiche son plein soutien à Israël, cherche à acheter les Palestiniens et à les priver d’un État indépendant.

Du côté des pays arabes, l’Arabie Saoudite, grande alliée des États-Unis, prévoit d’envoyer son ministre de l’Économie tandis que les Émirats, également proches de Washington, y dépêcheront une délégation.

L’Égypte et la Jordanie, seuls pays arabes à avoir signé un accord de paix avec Israël, enverront des responsables de leur ministère des Finances.

En préparation du rendez-vous, le gendre du président américain, Jared Kushner s’est déplacé fin mai au Maroc, en Jordanie et en Israël. Cette visite a été l’occasion pour Rabat de répéter ses positions – pas de solution sans la reconnaissance de deux États ayant l’un et l’autre Jérusalem comme capitale, selon le ministère marocain des Affaires étrangères.

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