Politique

Mali : manifestation à Bamako pour dire « stop » aux massacres et « non à la haine »

Une soldat malien sur les lieux de la tuerie d'Ogossagou, dans le centre du Mali. © DR / Présidence malienne

Entre 3 000 personnes, selon la police, et 5 000, selon les organisateurs, ont manifesté vendredi 21 juin à Bamako pour dire "stop" aux massacres dans le Centre du Mali, où la situation a atteint une "cote d'alerte" selon le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU.

Koulogon – 39 personnes tués le 1er janvier – ; Ogossagou – 160 morts le 23 mars – ; Sobane Da – 35 tués le 9 juin – ; Gangafani et Yoro – 41 morts le 17 juin – : la liste des villages martyrs du Centre ne cesse de s’allonger, malgré les renforts envoyés par l’armée.

Le chef de l’État, Ibrahim Boubacar Keïta, qui a récusé toute notion de « conflit interethnique », a nommé jeudi « haut représentant du président de la République pour le Centre » un de ses proches, l’ancien président du Mali par intérim (2012-2013) Dioncounda Traoré.

« Plus de 2 800 personnes fuyant les violences dans leurs villages ont trouvé refuge dans la ville de Bandiagara », où elles ont reçu des « marmites, jerricans, couvertures, nattes, moustiquaires… » avec l’aide de la Croix-Rouge locale, a indiqué vendredi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Vendredi, un élu local, Moussa Dembelé, a été enlevé par des hommes armés sur le marché de Ouenkoro, localité frontalière du Burkina Faso, a déclaré le maire de la localité, Harouna Sankaré. « Mon 3e adjoint a été enlevé. Ils sont arrivés sur deux motos, au nombre de cinq. Ils l’ont pris et ont attaché ses bras et (bandé) ses yeux et sont partis vers une commune de l’autre côté de la frontière, Barani », a expliqué Harouna Sankaré, en ajoutant, la voix cassée, « c’est vraiment difficile ».

« Trop de sang »

Après la prière du vendredi, des milliers de manifestants se sont rassemblés dans le centre de Bamako à l’appel du Collectif des associations de jeunes de la région de Mopti (Centre) pour réclamer la fin de ce cycle de violences que les renforts envoyés par l’armée ne sont jusqu’ici pas parvenus à endiguer.

« Désarmez les milices », « Halte à l’amalgame », « La France complice », « Disons non à la haine », « Sécurisez les civils », « Une vie est une vie », « Mopti a assez souffert », « Peuls et Dogons sont victimes »… Les nombreuses pancartes brandies s’adressaient aussi bien au gouvernement, à la communauté internationale (France, ONU, pays voisins) qui le soutient, aux jihadistes et autres groupes armés qu’à ceux qui incitent les communautés à se dresser les unes contre les autres.

« Trop de sang a coulé. Il faut que ça s’arrête sinon il n’y aura plus de vie au Centre du Mali », a expliqué une des manifestantes, Habitatou Diallo.

« La solution doit être malienne »

Le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Jean-Pierre Lacroix, achevait vendredi une visite au Mali en compagnie du numéro 2 de la diplomatie de l’Union européenne, Pedro Serrano. Les deux diplomates se sont notamment rendus à Mopti et ont rencontré les autorités du pays, ainsi que des groupes de la société civile.

« La situation a atteint ce qu’on pourrait appeler une cote d’alerte avec ces horribles massacres des dernières semaines, des derniers jours », a déclaré à Mopti Jean-Pierre Lacroix, cité dans un communiqué.

« Nous sommes prêts à augmenter nos efforts pour soutenir les efforts maliens », a-t-il ajouté, tout en « rappelant avec insistance que la solution doit être malienne ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU doit examiner le 27 juin le renouvellement du mandat de la mission de l’ONU au Mali (Minusma).

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