Politique

Guinée-Bissau : José Mário Vaz refuse de nommer Domingos Simões Pereira au poste de Premier ministre

Le président de Guinée-Bissau José Mario Vaz (à g.) et l'ancien Premier ministre bissau-guinéen Domingos Simões Pereira.

Le président de Guinée-Bissau José Mario Vaz (à g.) et l'ancien Premier ministre bissau-guinéen Domingos Simões Pereira. © Montage JA

José Mário Vaz, président de la Guinée-Bissau, a refusé mercredi de nommer à la tête du gouvernement le chef de la majorité parlementaire, son ex-Premier ministre Domingos Simões Pereira, avec qui il entretient des relations très tendues.

Alors qu’un geste d’apaisement était attendu, le président José Mário Vaz a au contraire choisi de poursuivre l’affrontement qui l’oppose à son ancien Premier ministre, Domingos Simões Pereira, dit DSP.

Le président a en effet rejeté la proposition de la majorité parlementaire, dirigée par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), de désigner DSP, son ancien Premier ministre qu’il avait limogé en août 2015, plongeant le pays dans une crise politique qui paralyse la Guinée-Bissau.

« Tout en reconnaissant que c’est votre parti qui détient la majorité au Parlement, je vous prie de bien vouloir proposer un autre nom pour occuper ce poste », a déclaré mercredi 19 juin le chef de l’État, selon un communiqué de la présidence.


>>> À LIRE – En Guinée-Bissau, l’attente d’un nouveau Premier ministre cristallise les tensions


Jusqu’à présent, José Mário Vaz, issu du PAIGC, avait refusé de déclencher le processus de nomination d’un Premier ministre, arguant pendant plusieurs semaines que le bureau de l’Assemblée nationale n’était toujours pas constitué. Lundi, il avait finalement invité le PAIGC à lui proposer un nom, laissant entrevoir une sortie de crise.

« Ils se détestent mutuellement »

Sans surprise, le PAIGC a proposé le nom de son patron, Domingos Simões Pereira. « Je décline la proposition faite par votre parti », a alors répondu José Mário Vaz, sans autre justification.

La mésentente entre les deux hommes est notoire, et les ambiguïtés de la Constitution bissau-guinéenne quant à la répartition des pouvoirs n’a pas arrangé les choses. « Ils se détestent mutuellement », a confié le constitutionnaliste Carlos Vamain. Peu après avoir limogé DSP, José Mário Vaz avait été exclu du PAIGC, qui avait porté les deux hommes au pouvoir en 2014.


>>> À LIRE – Législatives en Guinée-Bissau : vers la revanche de Domingos Simões Pereira sur José Mário Vaz ?


Malgré le bon déroulement des législatives du 10 mars, remportées par le PAIGC, la crise politique s’est encore envenimée. Depuis la reprise des travaux parlementaires le 18 avril, les débats achoppent sur la composition du bureau de l’Assemblée.

Sur la base des résultats aux législatives, le Madem, formé par 15 députés frondeurs du PAIGC, revendique pour son chef de file, Braima Camara, le poste de deuxième vice-président. Mais le PAIGC s’y refuse, en raison de rivalités politiques en vue de l’élection présidentielle, fixée au 24 novembre.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte