Pétrole & Gaz

Énergie : annonce record pour le mégaprojet « Mozambique LNG »

Les réserves de gaz, situées à 40 km des côtes mozambicaines, ont été découvertes en 2010 par Anadarko et ses partenaires.

Les réserves de gaz, situées à 40 km des côtes mozambicaines, ont été découvertes en 2010 par Anadarko et ses partenaires. © Anadarko (capture d'écran)

L’américain Anadarko a validé, le 18 juin, sa décision d’investir 25 milliards de dollars pour la construction d’un terminal de liquéfaction et d’exportation de gaz au Mozambique. Il s’agit du plus gros montant jamais annoncé pour un projet en Afrique subsaharienne.

Avec une capacité de 12,88 millions de tonnes par an (mtpa), Mozambique LNG constituera l’une des plus grandes installations de gaz naturel liquéfié au monde.

Pour exploiter ces réserves, l’américain Anadarko s’est engagé, le 18 juin, à construire une infrastructure pour extraire le gaz du gisement situé au large du nord du Mozambique, le pomper à terre et le liquéfier en vue d’une exportation vers les marchés asiatique et européen, soit un investissement de 25 milliards de dollars (22,3 milliards d’euros), ce qui en ferait le projet le plus important jamais enregistré sur le continent africain, selon Karen Kelley, secrétaire adjointe du Commerce du gouvernement américain, présente à la cérémonie.

Une bouffée d’oxygène dans un pays lourdement endetté

« Ce qui n’était autrefois que des perspectives est devenu une certitude. Le pays deviendra le plus grand producteur et exportateur de gaz naturel liquéfié (GNL) sur le continent », a déclaré le chef de l’État mozambicain, Filipe Jacinto Nyusi, à l’occasion cette annonce. Selon le gouvernement, le projet devrait créer plus de 5 000 emplois directs et 45 000 emplois indirects.

Selon le communiqué gouvernemental, Mozambique LNG devrait contribuer aux recettes de l’État mozambicain à hauteur d’environ 2 milliards de dollars par an entre 2025 et 2050 au moins. Une bouffée d’oxygène pour un pays dont le PIB 2018 s’élevait à 15,4 milliards de dollars, selon le FMI, et qui a fait défaut sur les intérêts de sa dette en 2016, suite à la découverte d’emprunts cachés ayant entraîné le gel de l’aide budgétaire des principaux bailleurs du pays.


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5 % de ces futurs revenus fiscaux, dans la limite de 500 millions de dollars, devraient d’ailleurs revenir aux créanciers du Mozambique jusqu’en 2033, selon l’accord de restructuration conclu en novembre 2018 entre Maputo et les détenteurs de son eurobond.

D’Anadarko à Total

Le calendrier de cet investissement n’a pas été donné, alors qu’Anadarko est sur le point d’être racheté par son compatriote Occidental Petroleum (Oxy), lequel a à son tour conclu un accord sous condition avec le français Total, auquel il devrait céder les actifs africains d’Anadarko – dont Mozambique LNG – pour 8,8 milliards de dollars.


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Selon Reuters, les partenaires d’Anadarko dans le projet de GNL au Mozambique sont Mitsui, la société d’énergie du Mozambique, ENH, la société thaïlandaise PTT, et indiennes ONGC, Bharat Petroleum Resources et Oil India.

« Des accords commerciaux flexibles, notamment un accord de co-achat novateur avec Tokyo Gas et Centrica, ont permis de créer une liste de clients de grande qualité sur un marché saturé de GNL », a en outre confié à l’agence de presse Frank Harris, responsable de LNG Consulting chez Wood Mackenzie.

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