Économie

Monnaie unique de la Cedeao : vers une banque centrale de type fédéral et un régime de change flexible

Les chefs d'État réunis lors du 52e sommet de la Cedeao à Abuja, au Nigeria, ce 17 décembre 2017. © DR / Cedeao

Selon nos informations, la future banque centrale de la monnaie unique de la Communauté économique des États d'Afrique de l’Ouest (Cedeao), prévue en 2020, devrait être basée sur un modèle fédéral, et le régime de change de la future devise commune devrait être flexible.

Les chefs d’État de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) se pencheront le 29 juin à Abuja sur l’agenda de la monnaie unique de la zone, en épluchant les différents aspects du rapport du comité interministériel des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales. Lors de la réunion tenue les 17 et 18 juin à Abidjan, la capitale économique de la Côte d’Ivoire, les ministres et gouverneurs des banques centrales ont tracé les jalons de la nouvelle monnaie unique, dont l’entrée en vigueur est prévue pour l’an prochain.

Selon le rapport qui sera soumis aux chefs d’État et que Jeune Afrique a pu consulter, la monnaie commune de la Cedeao devrait s’appeler « ECO » et le modèle de la future banque centrale devrait être fédéral. Le régime de change retenu sera flexible avec un ciblage de l’inflation globale comme cadre de politique monétaire. Les États de la Cedeao devront mettre en œuvre des mesures et des réformes pour s’acheminer vers une convergence macro-économique, qui conditionnera la création d’une monnaie unique crédible.


>>> À LIRE – Franc CFA : le serpent de mer de la monnaie unique de la Cedeao


« La feuille de route sera suivie »

Les pays ont jusqu’au 29 octobre pour transmettre à la Commission de la Cedeao leurs programmes pluriannuels de convergence pour la période 2020-2024. « Nous avons enregistré des avancées notables notamment dans les performances en matière de convergences macroéconomiques, condition sine qua non pour la crédibilité du processus de création de la monnaie », a estimé Adama Koné, le ministre ivoirien de l’Économie et des Finances, et président de la réunion d’Abidjan.

L’argentier ivoirien s’est dit optimiste sur le processus et a révélé que les réserves du Nigeria avaient été levées. Le Nigeria exigeait en effet des pays de la zone franc une déconnexion du Trésor français. Muhammadu Buhari avait dénoncé au Ghana, en 2018, la non préparation de certains États au processus de création de monnaie unique et la mauvaise articulation des étapes à franchir.

« La feuille de route sera suivie. La convergence dépend des efforts que fera chaque pays pour respecter les critères. C’est un aspect essentiel et fondamental », a expliqué Jean-Claude Brou, le président de la Commission de la Cedeao.

Obstacles budgétaires

Malgré une croissance économique dans la région estimée à 3 % en 2018 et projetée à 3,4 % pour 2019, plusieurs obstacles se dressent devant le projet de monnaie unique des quinze pays de la Cedeao. Les économies de la région sont impactées en permanence par les chocs extérieurs et le défi sécuritaire reste entier.

De nombreux pays ont une balance commerciale courante déficitaire, qui pèse sur les réserves extérieures de leurs banques centrales et surtout qui fragilise les taux de change avec les devises de références mondiales. Dans la région, le déficit budgétaire élevé de certains pays membres ont une incidence sur leurs dettes publiques.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Fermer

Je me connecte