Politique

RDC : inculpation d’un colonel dans le procès du meurtre de deux experts de l’ONU

Montage photo de deux experts onusiens, Zaida Catalan et Michael Sharp, tués en mars 2017 au Kasaï, dans le centre de la RDC. © Bertil Ericson et Timo Mueller/AFP

Un colonel de l'armée congolais a été inculpé lundi du meurtre de deux experts de l'ONU, Zaïda Catalan et Michael Sharp, dont le procès devant un tribunal militaire du centre de la République démocratique du Congo dure depuis deux ans, a-t-on appris de source judiciaire.

Le colonel Jean de Dieu Mambweni a été « notifié de son renvoi devant la cour militaire » depuis samedi. « Il sera jugé pour six infractions notamment association des malfaiteurs, violation des consignes, crime de guerre par meurtre et participation à un mouvement insurrectionnel », a déclaré à l’AFP le capitaine Alain Bosombi, greffier près la cour militaire du Kasaï-occidental.

« Ralentir le rythme du procès »

En détention depuis début décembre 2018, « la date de sa présentation comme prévenu lors d’une audience devant la Cour militaire n’est pas encore fixée, mais il le sera bientôt ». « L’inculpation du colonel Mambweni va de nouveau ralentir le rythme du procès car il faudra désigner un juge plus gradé que lui. Dans la composition actuelle du tribunal militaire de Kananga, aucun juge ne peut juger un colonel de l’armée », a expliqué à l’AFP Me Joseph Bidwaya, avocat d’un prévenu.

Au moment du meurtre de ces deux experts de l’ONU, le colonel Mambweni occupait les fonctions de chargé de l’éducation civique et des relations avec les civils au sein de la région militaire du Kasaï-central. Un chef coutumier, Constantin Tshidime Bulabula, lui aussi prévenu, l’a toujours cité comme celui qui avait parlé au téléphone le jour du meurtre, avec Vincent Manga, considéré comme le principal responsable de ce double assassinat.

Les deux experts onusiens, la Suédoise d’origine chilienne Zaida Catalan et l’Américain Michael Sharp, ont été assassinés au Kasaï: ils enquêtaient sur des fosses communes au cours du conflit armé qui opposait les forces de sécurité à la milice Kamuina Nsapu. Ces violences avaient éclaté après la mort du chef coutumier Kamuina Nsapu, tué par les forces de sécurité le 12 août 2016.

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