Pétrole & Gaz

Gabon : qui est Noël Mboumba, le nouveau ministre du Pétrole ?

Noël Mboumba © Facebook

Nommé ministre du Pétrole et des Hydrocarbures du Gabon le 10 juin, Noël Mboumba n’est pas un inconnu de la politique ou du secteur pétrolier. Cet ex-ministre délégué au Budget puis à l'Économie, proche de Brice Laccruche Alihanga, prend la succession de Pascal Houangni Ambourouet. Portrait de cet ancien salarié de Total qui souhaite « rassurer » les majors au Gabon.

Retour au gouvernement pour Noël Mboumba, nommé ministre du Pétrole le 10 juin suite à important remaniement ministériel annoncé dès le discours du président gabonais Ali Bongo Ondimba, diffusé le 8 juin.

Exit Pascal Houangni Ambourouet, ministre du Pétrole depuis janvier 2017, qui avait pourtant traversé plusieurs tempêtes et des fréquents changements gouvernementaux. Cet homme discret a notamment travaillé à la réforme du code pétrolier.

« Je ne fais que prendre le relais de Pascal », confie M. Mboumba, joint par Jeune Afrique, tout en se disant « surpris » de sa promotion au gouvernement.

Cet ancien ministre délégué au Budget (septembre 2015-janvier 2016), passé ministre délégué à l’Économie (janvier 2016-novembre 2017), « travaillait pourtant avec acharnement » à son ascension politique, estime un commentateur de la scène politique gabonaise.

Une carrière dans le pétrole

Selon nos interlocuteurs, M. Mboumba, 48 ans, natif de Tchibanga (Sud), est le principal soutien dans le sud du Gabon du directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba, Brice Laccruche Alihanga, et de son organisation, l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev), dont il est le président d’honneur pour l’Ogooué maritime.


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Ce poste ministériel aux Hydrocarbures s’inscrit comme une consécration pour un homme qui a passé plus de vingt ans dans le secteur pétrolier. De 1994 à 2004, il travaille à Paris chez Elf Aquitaine, devenu Total. En 2004, il sort diplômé de l’Edhec de Nice, puis devient de 2005 à 2015 directeur financier au Gabon au sein de plusieurs compagnies pétrolières (Perenco, Maurel et Prom, Baker Hughes et Halliburton).

Succession ouverte à la Sogara

Après ses passages aux ministères du Budget puis de l’Économie, il prend la direction de la raffinerie gabonaise Sogara en novembre 2017. Déjà en proie à des difficultés à son arrivée, l’entreprise n’est toujours pas sortie du marasme.

Pour tenter de redresser la société, M. Mboumba a notamment dû entamer un bras de fer avec Gabon Oil Marketing (GOM), filiale de Gabon Oil Company (GOC), la société nationale des hydrocarbures. « Nous avons par exemple réussi à ce que la Sogara raffine le brut puis le revende directement, alors que GOM avait auparavant le monopole de la distribution », explique le nouveau ministre, dont le successeur à la tête de la Sogara n’a pas encore été désigné.

« Maintenant qu’il a été promu à de si hautes fonctions, nous espérons qu’il puisse trouver des solutions pour l’entreprise », espère Léger Mbaga, délégué du personnel à la Sogara. « De plus, c’est un homme humble, assez humain, qui est ouvert à la négociation », juge M. Mbaga.

Rassurer les majors

Au niveau national, la priorité du nouveau ministre sera de « finaliser la mise en place du nouveau code pétrolier ». Il espère que ce texte, plus favorable aux entreprises par rapport à celui de 2014, soit promulgué « fin juin » par le Sénat.

M. Mboumba souhaite surtout imprimer sa marque dans des discussions avec les majors comme Total et Perenco. Alors que le Gabon avait annoncé la mise aux enchères de 35 blocs pétroliers en offshore entre les mois de juin et septembre, M. Mboumba veut « faire de la diplomatie pétrolière » en s’accordant de gré à gré avec les majors dans l’attribution de certains blocs.

« Je pense que garder une entreprise comme Total au Gabon est un signal positif pour notre image. Cela permet aussi de rassurer au niveau du CAC 40 », détaille le nouveau ministre.


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Le secteur pétrolier au Gabon est toujours en proie à des difficultés. Mais Noël Mboumba table sur un regain de l’activité pétrolière et de l’emploi dans le secteur avec la vente de ces nouveaux blocs et la remontée progressive des prix du baril.

En 2014-2015, la chute des cours du baril avait sévèrement atteint l’ensemble de l’économie gabonaise, particulièrement dépendante du secteur des hydrocarbures.

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