Justice

Burkina : début des plaidoiries après la reprise du procès du putsch manqué de 2015

L'ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, Djibrill Basolé (g), et l’ancien chef de la sécurité présidentielle (RSP), général putschiste Gilbert Diendéré (c), à l'ouverture du procès sur le putsch manqué le 27 avril 2017. © AFP

Le procès du putsch manqué de 2015 au Burkina Faso, suspendu depuis fin avril en raison d'un mouvement d'humeur des avocats, a repris mardi au tribunal militaire de Ouagadougou avec les plaidoiries des avocats de la partie civile.

Les plaidoiries des avocats des parties civiles, entamées ce mardi avec une première liste de dix avocats, sont prévues sur plusieurs jours. Elles seront suivies par le réquisitoire du parquet militaire et les plaidoiries des avocats de la défense.

« Vous avez rendez-vous avec l’histoire du Burkina Faso. Faites honneur à la justice militaire », a lancé au tribunal Me Souleymane Ouédraogo, un avocat de la partie civile, dans une salle d’audience quasiment vide. « Les parties civiles ne vous demandent pas de la pitié, de l’aumône, de la faveur. Elles vous demandent tout simplement la justice », a-t-il insisté. « Votre décision doit permettre à ce que notre armée sache qu’elle doit être républicaine ».

Me Prosper Farama, un autre avocat des parties civiles, a pour sa part appelé le tribunal à appliquer « avec la plus grande sévérité la loi à ceux des accusés qui seraient reconnus coupables et qui n’auraient démontré aucun sentiment de repentir ».

Prison à vie

Le 16 septembre 2015, des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) avaient tenté en vain de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute du président Blaise Compaoré, chassé le 31 octobre 2014 par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir.

Au total, 84 accusés sont jugés depuis février 2018, dont le général Gilbert Diendéré, principal accusé et cerveau présumé du coup de force manqué, qui avait fait 14 morts et 270 blessés. Lors du putsch, le général Diendéré avait pris la tête du Conseil national pour la démocratie, organe dirigeant des putschistes, avant de rendre le pouvoir face à la pression populaire et à l’armée loyaliste.

L’ancien chef de la diplomatie de Blaise Compaoré, le général Djibrill Bassolé, figure également parmi les accusés, considéré lui aussi comme un cerveau du putsch. Il était absent à la reprise de l’audience, pour cause de maladie. Les deux généraux risquent la prison à vie.

Les avocats des parties civiles souhaitent qu’en plus des « têtes pensantes » du coup d’État, une dizaine de sous-officiers ayant joué un rôle dans la préparation, l’arrestation et la séquestration des autorités de la transition soient également reconnus capables d’attentat à la sûreté de l’État.

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