Société

Le Maroc se dote d’une loi pour généraliser l’usage de la langue amazighe

Des manifestants de la cause amazighe devant la Chambre des Représentants, en juillet 2017 à Rabat. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Les députés marocains ont adopté, lundi soir à l'unanimité, un projet de loi organique pour la généralisation du tamazight (ou berbère), huit ans après sa reconnaissance comme langue officielle - au côté de l'arabe - dans la nouvelle Constitution.

Le tamazight devrait bientôt être incontournable au Maroc. La loi organique adoptée lundi 10 juin définit ainsi l’emploi de cette langue dans l’administration, les collectivités territoriales et les services publics, ainsi que son enseignement dans les écoles et son usage dans la vie culturelle.

La langue amazighe avait été reconnue en 2011 comme langue officielle, après des décennies de lutte de ses militants. Mais le royaume peine encore à accorder une place de choix au berbère, dialecte maternel d’une frange importante de sa population.

« Cette loi reste vague »

L’adoption du projet de loi organique va permettre de « rendre opérationnelle l’officialisation de l’amazigh (…), préserver cette langue et protéger ce patrimoine culturel », a assuré à l’issue du vote Mohamed Laaraj, le ministre de la Culture.

Le texte ne fait cependant pas l’unanimité. « Ce n’est pas ce que le tissu associatif amazigh attendait : cette loi reste vague, elle ne détermine pas comment le tamazight doit être enseigné ou utilisé dans les médias », a souligné l’écrivain et militant amazigh Mohamed Assid. « Nous revendiquons un changement de conception pour une égalité entre les deux langues officielles. Or ce n’est pas le cas, la discrimination continue avec cette loi », a-t-il regretté.

Selon un recensement datant de 2004, huit millions de personnes – c’est-à-dire un quart des Marocains – parlaient quotidiennement l’un des trois dialectes berbères du pays.

Ambiguïtés pour les prénoms berbères

Plusieurs conséquences directes avaient suivi sa reconnaissance comme langue officielle. Parmi elles, l’apparition de l’alphabet tifinagh sur les bâtiments publics, en plus de l’arabe et du français.

Depuis 2010, une chaîne de la télévision publique marocaine, Tamazight TV, est par ailleurs consacrée à la promotion de la culture amazighe. Et il y a quelques années, des députés avaient fait sensation en s’exprimant en berbère au Parlement.

L’administration marocaine continue toutefois de refuser sporadiquement d’inscrire des prénoms berbères dans les registres de l’État civil.

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