Sécurité

Mali : dans le cercle de Koro, ces « villages frères » peuls et dogons qui se font la guerre

Dans le village peul de Yourou, dans le cercle de Koro, au Mali. © Baba Ahmed pour Jeune Afrique

Comment les relations entre les communautés peule et dogon se sont-elles dégradées au point d'atteindre le niveau de violence qui sévit depuis plusieurs mois dans le centre du Mali ? Reportage dans le cercle de Koro, où les villages jadis frères de Yourou et Sabéré-Dara se livrent désormais une guerre ouverte meurtrière, malgré les tentatives de réconciliation menées sous l'égide de la Minusma.

Vêtu d’un vieux boubou gris élimé, des sandales usées aux pieds, Hamadi Tamboura affiche un timide sourire qui cache mal sa fatigue et son inquiétude. « Mon père est mort parce que je n’ai pas pu l’amener au centre de santé de Dangaténé. C’est le seul centre de santé de la zone mais il se trouve dans un village de Dogons, avec lesquels nous sommes en conflit », raconte ce maraîcher du village peul de Yourou. L’homme en est persuadé : « Si je l’avais amené là-bas, nous aurions été tués par la milice dogon. »

Il suffit d’emprunter les routes qui entourent les villages, jadis frères, de Yourou – peul – et Sabéré-Dara – dogon – pour comprendre que les craintes d’Hamadi Tamboura sont fondées. Villages détruits, greniers calcinés, cases en ruines aux murs noircis par les incendies et constellés de traces de balles… Les stigmates de ce qui s’apparente de plus en plus à une guerre intercommunautaire sont partout visibles dans cette région reculée du centre du Mali, proche de la frontière avec le Burkina Faso.

Les massacres commis à Sobane Da le 9 juin – au moins 95 personnes tuées, selon les premiers bilans [finalement revu à 35 morts, dont 24 enfants], à Koulogon le 1er janvier – quelque 37 personnes tuées – et à Ogossagou le 23 mars – environ 160 victimes – ont été les plus meurtriers. Mais la fréquence de ces violences « entre voisins » s’accroît, de même que leur ampleur.

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