Politique économique

Budget : le Sénégal signe son retour sur le marché financier régional

Immeuble BCEAO à Dakar.

Immeuble BCEAO à Dakar. © Rignese, Wikimedia Commons

Dakar, via son Trésor public, émet ce 6 juin des obligations assimilables d’un montant de 50 milliards de francs CFA (76 millions d'euros) destinées à couvrir les besoins de financement du budget national.

Ce 6 juin, le Trésor public sénégalais est revenu sur le marché de la dette publique de l’UEMOA, dont il était absent depuis 2017, avec l’objectif affiché de lever 50 milliards de francs CFA (76 millions d’euros) d’obligations assimilables. Le montant global des soumissions est de 129 milliards de F CFA, et le montant retenu par le Sénégal est de 55 milliards de F CFA, avec un taux de couverture de 258, 01 %.

En 2017 et 2018, Dakar s’était tourné vers les marchés internationaux pour lever un montant cumulé de 3,3 milliards de dollars, en deux émissions successives, pour financer des projets du PSE 1.

Maturités de trois, cinq et sept ans

Les bons et obligations du Trésor émis ce jour, d’une valeur unitaire de 10 000 F CFA, se présentent sous trois formes, avec une maturité respective de trois, cinq et sept ans – et des échéances qui vont donc de 2022 à 2026. Leurs taux d’intérêt sont respectivement de 5,85 %, 6 % et 6,15 %.

Selon un document de l’agence UMAO-Titres – organisatrice de l’opération en partenariat avec la BCEAO -, consulté par Jeune Afrique, les ressources de cette émission seront affectées à la couverture des besoins de financement du budget de l’État sénégalais.

Le document de l’agence UMAO-Titres by Jeune Afrique on Scribd

« L’Agence UMOA-Titres œuvre pour le développement d’un marché intégré des titres publics émis par voie d’adjudication, explique Mac-Davies Anouma, responsable des relations investisseurs et de la communication de l’Agence UMOA-Titres. Les États membres de l’UMOA ont recours à ce marché lorsqu’ils souhaitent lever de la dette sur le marché financier régional pour financer leurs projets de développement économique. En mettant en concurrence les différents souscripteurs via une plateforme électronique dédiée, le système de l’adjudication s’assimile à une vente aux enchères ; ce qui présente l’avantage pour les États de bénéficier d’un endettement au coût le plus abordable et en toute transparence ».

Des critiques budgétaires « sans fondement »

Depuis sa création en 2013, l’agence UMOA-Titres, dirigée par le Sénégalais Adrien Diouf, a levé environ 12 500 milliards de F CFA pour le compte des États membres de l’UEMOA, soit une moyenne annuelle de 2 600 milliards de F CFA, d’après une source interrogée par Jeune Afrique au sein de l’Agence.


>>> À LIRE – Adrien Diouf : « L’endettement des États de l’UEMOA est sous contrôle »


Cet emprunt intervient dans un contexte marqué par l’exécution de la phase 2 du PSE, mais également de critiques émises par des figures de l’opposition politique comme Ousmane Sonko et l’ancien ministre de l’Énergie de Macky Sall, Thierno Alassane Sall, au sujet d’une crise budgétaire que connaîtrait l’État.

Lors d’une conférence de presse tenue fin mai à Dakar, le leader de Pastef avait fait état « d’un trou budgétaire de 100 milliards de FCFA dans le budget national susceptible d’évoluer à 345 milliards de F CFA ». Et Thierno Alassane Sall d’assurer que le Sénégal va vers un ajustement structurel.

Assez pour faire réagir, via un communiqué, le ministre des Finances et du Budget, Abdoulaye Daouda Diallo, qui balaie ces « considérations budgétaires dénuées de tout fondement ».

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