Football

Finale de Ligue des champions à rejouer : les coulisses de la décision de la CAF

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad (au centre), en discussion sur la pelouse lors de la finale de Ligue des champions entre l'Espérance sportive de Tunis et le Wydad Casablanca, vendredi 31 mai 2019.

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad (au centre), en discussion sur la pelouse lors de la finale de Ligue des champions entre l'Espérance sportive de Tunis et le Wydad Casablanca, vendredi 31 mai 2019. © YouTube/Spectrum TV

Mercredi soir, la Confédération africaine de football (CAF) a décidé de faire rejouer la finale retour de la Ligue des champions entre l’Espérance sportive de Tunis et le Wydad de Casablanca, sur terrain neutre. Les Tunisiens, scandalisés, feront appel. L’affaire est sans doute loin d’être terminée.

La colère à Tunis – à part chez les supporters du Club africain, le grand rival de l’Espérance – , la joie à Casablanca – sauf chez les fans du Raja, qui détestent cordialement le voisin du WAC. Le résumé est un peu facile, mais pas totalement dénué de sens.


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La Confédération africaine de football (CAF) a en effet pris une décision particulièrement forte mercredi en fin de journée. Réuni à Paris, en marge du congrès de la Fifa à l’occasion de la réélection du président Gianni Infantino, le comité exécutif de la CAF a décidé de faire rejouer la finale retour de la Ligue des champions, sur terrain neutre et à une date qui n’a pas été encore fixée.

Le comité exécutif « unanime »

Le match retour, vendredi 31 mai à Radès (banlieue de Tunis), avait été interrompu à l’heure de jeu, après que l’arbitre gambien, Bakary Gassama, a refusé un but aux Marocains. Ceux-ci avaient demandé à Gassama d’avoir recours au vidéo-arbitrage, qui ne fonctionnait pas. Les Wydadis, furieux, avaient quitté la pelouse pour ne jamais y revenir, et Ahmad Ahmad, le président de la CAF, s’était résolu à remettre le trophée à Khalil Chammam, le capitaine de l’Espérance.

Face aux protestations du club de Casablanca, soutenu par la Fédération royale marocaine de football (FRMF), la CAF a donc décidé dans un premier temps de réunir son comité exécutif, avec la sentence que l’on sait. Au sein de ce conseil restreint, une source contactée par Jeune Afrique est formelle : « Tout le monde était d’accord avec cette décision de faire rejouer ce match. Il n’était pas concevable de laisser les choses en l’état. La pression était forte, et pour l’image de la CAF et de la Ligue des champions, c’était la solution la plus adaptée, pour des raisons d’équité sportive. Il faut en finir avec les tricheries. »

Cette décision n’est pas normale, car les Marocains ont quitté le terrain et refusé de reprendre le jeu et devaient perdre sur tapis vert

Cette source assure aussi que plusieurs présidents de grands clubs africains ont approuvé cette décision, et que certains ont directement contacté Ahmad Ahmad pour lui faire part de leur approbation. En revanche, Jeune Afrique a tenté de joindre des dirigeants de l’Espérance, mais nos appels et nos messages sont restés sans réponse.

Seul le milieu de terrain Anice Badri, qui s’apprête à disputer la CAN avec les Aigles de Carthage, a accepté de s’exprimer : « Cette décision n’est pas normale, car les Marocains ont quitté le terrain et refusé de reprendre le jeu et devaient perdre sur tapis vert. Faire rejouer le match sur terrain neutre n’est pas normal non plus. C’est à Radès que cela devrait avoir lieu. Tout cela ne donne pas une bonne image du football africain. »

Le club tunisois a rapidement annoncé qu’il allait faire appel de cette décision devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne (Suisse). Dans l’environnement du WAC, le verdict de l’instance est évidemment mieux perçu. « C’est une demi-satisfaction, car le club avait demandé la victoire sur tapis vert (2-0) en priorité, et ensuite que le match soit rejoué. Mais on peut comprendre la CAF d’avoir fait ce choix. Le football se joue sur le terrain, pas devant les tribunaux », explique une source wydadie.

L’Afrique du Sud pour des raisons de sécurité

Le résultat du match aller (1-1) sera conservé, mais c’est sur terrain neutre que la rencontre sera rejouée, en l’occurrence en Afrique du Sud. D’après notre informateur interne, le comité exécutif a chargé Danny Jordan, le président de la fédération sud-africaine, de trouver un stade.

Pourtant, sur les réseaux sociaux, certains se demandent pourquoi l’Algérie ou l’Egypte, plus proches géographiquement de la Tunisie et du Maroc, n’accueilleraient pas ces chaudes retrouvailles. L’Égypte sortira pourtant de l’éprouvante organisation de la CAN, et l’Algérie ne souhaite probablement pas voir débarquer des milliers de supporters de l’Espérance et du WAC, dont certains sont réputés violents.


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En organisant le match en Afrique du Sud, la CAF sait qu’elle ne risque pas grand-chose sur le plan de la sécurité : le déplacement depuis Casablanca et Tunis vers Johannesburg, Durban ou Le cap est long et onéreux, et seuls des fans triés sur le volet pourront se déplacer, sans doute aux frais des deux clubs, et dans des avions spécialement affrétés.

Reste à connaître la date de cette finale retour. Selon nos informations, celle-ci devrait être fixée lors du prochain comité exécutif de la CAF, qui se tiendra au Caire, lors de la Coupe d’Afrique des nations (21 juin-19 juillet). Plusieurs joueurs des deux équipes disputeront la compétition, et l’instance tiendra probablement compte des parcours des sélections auxquelles ils appartiennent pour déterminer un calendrier. Pour rappel, l’édition 2019-2020 de la Ligue des champions débutera le 9 août prochain.

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