Football

Football : la CAF fera-t-elle rejouer la finale de la Ligue des champions ?

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad (au centre), en discussion sur la pelouse lors de la finale de Ligue des champions entre l'Espérance sportive de Tunis et le Wydad Casablanca, vendredi 31 mai 2019.

Le président de la CAF, Ahmad Ahmad (au centre), en discussion sur la pelouse lors de la finale de Ligue des champions entre l'Espérance sportive de Tunis et le Wydad Casablanca, vendredi 31 mai 2019. © YouTube/Spectrum TV

La finale retour de la Ligue des champions, entre l’Espérance Tunis et le WAC Casablanca, a été interrompue pour cause de défaillance de l'assistance vidéo à l'arbitrage. Réunie à Paris depuis le 4 juin, la Confédération africaine de football (CAF) devrait annoncer dans la journée si elle confirme l'attribution controversée du titre aux Tunisiens.

La Confédération africaine de football (CAF), dont les membres étaient convoqués à Paris pour la réélection de Gianni Infantino à la tête de la FIFA, a été obligée d’alourdir son agenda. Depuis le 31 mai dernier, l’instance est en effet secouée par l’affaire de l’assistance vidéo à l’arbitrage (VAR) qui a émaillé la finale retour de la Ligue des champions africaine.

Petit rappel des faits : alors que les Sang et Or de l’Espérance Tunis mènent 1-0, grâce à un but de l’Algérien Youcef Bellaïli, le WAC égalise à la soixantième minute sur un coup de tête de Walid El Karti. Mais l’arbitre gambien, Bakary Gassama, n’accorde pas le but en raison d’un hors-jeu du Marocain.  Les Casablancais, qui estiment à juste titre que le but est parfaitement valable, s’étonnent que l’arbitre n’ait pas recours à la VAR. Gassama indique que celle-ci ne fonctionne pas, ce qui décuple la colère des Marocains.

Le match est interrompu pendant plus d’une heure et le WAC refuse de reprendre la partie. Selon plusieurs sources contactées par Jeune Afrique dans les deux clubs, chacune des équipes était au courant que la VAR ne fonctionnait pas, en raison d’une pièce manquante.

La CAF minimise-t-elle ses responsabilités ? 

Après ce fiasco, intervenu trois semaines avant la Coupe d’Afrique des nations (21 juin-19 juillet), où la VAR sera utilisée à partir des quarts de finale, le Comité d’urgence de la CAF doit trancher. « Mardi, quand la réunion a commencé, la tendance était de minimiser les responsabilités de la CAF, alors que c’est elle qui doit veiller au bon fonctionnement de la VAR. Il était plutôt question des incidents provoqués par les supporters tunisiens et des menaces proférées à l’encontre d’Ahmad Ahmad, le président de la CAF, par des dirigeants de l’Espérance, dont Hamdi Meded », assure une source proche de l’instance.

Le WAC sanctionné ?

Plusieurs hypothèses sont soulevées depuis cette affaire néfaste pour l’image du football africain. La première est que l’Espérance soit déclarée vainqueur de la Ligue des Champions, par forfait. Les Marocains ont en effet quitté la pelouse et refusé de reprendre le jeu, même si, au sein du vestiaire, certains joueurs souhaitaient retourner sur la pelouse de Radès. Le WAC s’expose également à des sanctions pouvant aller jusqu’à une suspension des compétitions organisées par la CAF. Mais le résultat du 31 mai devra être entériné par la FIFA. Le vainqueur de la Ligue des champions est en effet automatiquement qualifié pour la Coupe du monde des clubs, que la FIFA organise et qui prend chaque année un peu plus d’importance aux yeux de Gianni Infantino.

Pourquoi ne pas reprendre le match à la soixantième minute, quand il a été arrêté ?

Match à rejouer ?

La seconde hypothèse, ouvertement réclamée par les Marocains, suppose que le match soit rejoué – de préférence en terrain neutre. Selon nos informations, Ahmad Ahmad, le président de la CAF, était favorable à ce scénario lors de la première partie de la réunion qui s’est tenue mardi à Paris. Mais d’autres membres du comité exécutif s’y seraient opposé, le trophée ayant déjà été remis à Khalil Chammam, le capitaine tunisien. « Si la finale devait être rejouée, ce que nous n’excluons pas, pourquoi sur terrain neutre ? Et pourquoi ne pas reprendre le match à la soixantième minute, quand il a été arrêté, comme cela se fait, en Espagne notamment », s’interroge l’un d’eux. Au cas où la CAF décide de faire rejouer le match, il semble plus prudent d’imaginer que celui-ci se dispute à Radès, mais à huis-clos, ou avec un nombre de spectateurs limité puisque les supporters tunisiens ont provoqué quelques incidents. »

De plus, la CAF se heurte à un problème de calendrier. Plusieurs joueurs des deux équipes sont mobilisés en vue de la Coupe d’Afrique des nations. Il faudrait donc faire rejouer ce match dans plusieurs semaines, voir dans plusieurs mois. Or la Ligue des champions africaine 2019-2020 doit débuter le 9 août prochain. Difficile d’imaginer que cette édition débute sans qu’on connaisse le nom du vainqueur de la précédente.

Le verdict de la CAF est attendu mercredi après-midi, alors que des pressions très fortes, émanant des camps tunisien et marocain, sont exercés sur l’instance.

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