Musique

Midem Africa : l’événement qui mettra à l’honneur l’industrie musicale africaine se précise

Femi Kuti au Midem 2019. © MIDEM 2019

Le Midem, qui réunit les professionnels de l'industrie musicale du 4 au 7 juin à Cannes, crée cette année de nouvelles passerelles avec les professionnels du continent. Une édition sera organisée en Afrique durant l'été 2020, selon les organisateurs, et les discussions seraient « bien avancées » avec plusieurs pays, notamment le Kenya, pour accueillir ce « Midem Africa ».

Imaginez, réunis le temps de quelques soirées, la tornade sud-africaine Moonchild Sanelly, son compatriote et DJ Mo Laudi, les superstars nigérianes Maleek Berry et Femi Kuti… Ce rêve devient réalité le temps du Midem, du 4 au 7 juin à Cannes, grand raout international qui réunit les professionnels de l’industrie musicale dans le Palais des festivals et les plages de sable blond qui le jouxtent, transformées temporairement en espaces de concerts.

Mais si les soirées (et les journées) sont ponctuées de shows, les artistes, producteurs, managers, responsables de labels, de majors ou de projets musicaux digitaux divers sont surtout là pour parler business et réseaux. Ruche en ébullition, le Midem réunissait l’année dernière 4 800 participants venus de 80 pays et 1 915 entreprises. Plus de 5 000 personnes et 90 pays sont attendus pour cette 53e édition, avec des nouveaux venus africains : le Cameroun, le Burkina Faso et le Sénégal.

Un Midem Africa en 2020

Tous les continents sont représentés, mais l’Afrique a droit depuis l’année dernière à un traitement de faveur. Au mois d’avril, comme en 2018, un « African tour », une série d’événements délocalisés lancés par le Midem (concerts, ateliers, conférences…), a déjà rassemblé 400 artistes, éditeurs et journalistes, cette fois entre Abidjan, Lagos, Johannesburg et Brazzaville. Les organisateurs s’étaient appuyés sur plusieurs artistes d’envergure, dont Femi Kuti, Baaba Maal, Didier Awadi ou le rappeur Krotal.

Le DJ Mo Laudi au Midem 2019. © MIDEM 2019

Et durant le rendez-vous cannois, ce 5 juin, un « Midem African Forum » est encore une fois prévu. Il permet d’assister à un cycle de conférences où il est question de « positionner les talents africains sur la carte de la musique mondiale », ou encore de « la redéfinition des structures de l’industrie sur le continent, et pourquoi l’Occident s’y intéresse. » L’occasion d’une belle mise en abyme…

Car Reed Midem, le groupe de communication français à l’origine de l’événement, espère lui-même se positionner durablement en Afrique. Un « Midem Africa », satellite du rendez-vous cannois sur le continent, devait voir le jour cette année, mais, comme le confie le directeur du Midem Alexandre Deniot, « pour créer l’événement dont nous rêvions, grand, beau, fédérateur, il nous fallait prendre un peu plus de temps que prévu. » Ce Midem Africa devrait être lancé durant l’été 2020.

Les discussions sont déjà « bien avancées » avec le Kenya, Alexandre Deniot ayant rencontré le ministre de la Culture du pays il y a peu à Paris

Organisé au Kenya ?

Il s’adressera « aux professionnels panafricains de la musique, avec un contenu fort sur l’éducation, la formation, la découverte de nouveaux talents » et il se déroulera bien sur le continent. « Nous sommes en discussion avec un pays d’Afrique de l’Est, un pays d’Afrique de l’Ouest et un pays au sud de l’Afrique, glisse Alexandre Deniot. Et nous n’excluons pas de faire en parallèle un grand événement public comme un festival de musique. » Si le pays qui accueillera la manifestation n’est pas encore connu, les discussions sont déjà « bien avancées » avec le Kenya, Alexandre Deniot ayant rencontré le ministre de la Culture du pays il y a peu à Paris.

Le Midem entend s’exporter en Afrique « sans donner des leçons », mais en se posant comme « un accélérateur » qui permet aux professionnels de collaborer avec des acteurs africains et hors d’Afrique, d’échanger, de se structurer et de faire valoir ses droits. Hyper créatif, le continent ne représente encore que 2% des revenus de l’industrie musicale. Reste à trouver un business model pour cet événement financé exclusivement sur des fonds privés. À Cannes, ce sont les sponsors, les accréditations, les locations d’espaces exposants qui permettent de rentabiliser l’événement. « Nous mettrons en place un système différent, adapté aux professionnels locaux », garantit Alexandre Deniot.

Vegedream au Midem 2019. © MIDEM 2019

Un entretien avec Franck Paris

Le directeur du Midem espère aussi profiter du lancement de la Saison des cultures africaines en 2020 pour faciliter la création du Midem Africa. « Nous avons le même objectif : soutenir et accompagner la créativité africaine », souligne le responsable qui a déjà eu un entretien récent sur le sujet avec Franck Paris, le « Monsieur Afrique » de l’Élysée.

Et en attendant le Midem Africa, l’événement cannois compte déjà son lot de success-stories. L’artiste jazz camerouno-gabonaise Adango Salicia a par exemple été invitée à jouer avec la Brésilienne Joyce Cândido à Rio… après avoir composé un titre ensemble sur la plage de Cannes l’année dernière. Quant au rappeur sud-africain BigStar Johnson, il a signé un contrat avec Warner Music South Africa, immédiatement à la fin de la précédente édition du Midem.

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