Droits de l’homme

Maroc : le roi Mohammed VI gracie une centaine de détenus du Hirak du Rif et de Jerada

Le roi du Maroc Mohammed VI s'adressant à la nation à l'occasion des 18 ans de son accession au trône, le 29 juillet 2017. © AP/SIPA

576 détenus, dont une centaine emprisonnés dans la foulée des mouvements sociaux dans le Rif (Nord) et la région de Jerada (Nord-Est), ont été graciés par le roi Mohammed VI à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Fitr, a fait savoir le ministère de la Justice dans un communiqué.

Des grâces ont surtout été prononcées en faveur de 60 personnes détenues pour leur participation au Hirak dans le Rif – les « évènements de la région d’Al Hoceima », selon le communiqué – et en faveur de 47 autres détenus qui avaient participé au mouvement social dans l’ex-région minière de Jerada. Ces 107 individus n’ont, comme le précise le texte, « pas commis des crimes et des actes graves lors de ces événements ».

Il semble que le Conseil national des droits humains (CNDH) ne soit pas étranger au processus ayant abouti à l’annonce de ces grâces. Durant le mois de mai, la présidente de l’instance, Amina Bouayach, a effectivement mené une série de rencontres avec les familles des prisonniers du Rif et de Jerada. En avril, son organisation était aussi intervenue pour trouver une issue à la grève de la faim entamée par des inculpés rifains qui dénonçaient leurs conditions de détention.


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Nasser Zefzafi, leader du Hirak du Rif, condamné à vingt ans de prison ferme, aurait transmis un message à son père dans lequel il dirait s’en remettre aux conclusions du CNDH sur les procès. Des proches de Zefzafi ont participé aux rencontres avec le Conseil durant le mois de mai. 188 de ses co-détenus avaient déjà été graciés durant l’été 2018.

En juin 2108, deux parlementaires de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) avaient proposé l’adoption d’une loi pour une amnistie générale en faveur des détenus du Hirak. Aux manifestations marocaines pour dénoncer la situation des prisonniers avait répondu une campagne internationale pour demander leur libération, rejointe notamment par des députés européens. En octobre, Nasser Zefzafi faisait même partie des trois finaliste du prix Sakharov décerné par le Parlement européen.

Parmi les personnes graciées figurent également onze condamnés dans des affaires relatives au terrorisme et ayant pris part au programme de réconciliation « Moussalaha ».

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