Politique

Cameroun : 300 militants du MRC en garde à vue après des interpellations de masse

Des policiers camerounais sur l'aéroport de Douala, en 2009 (image d'illustration).

Des policiers camerounais sur l'aéroport de Douala, en 2009 (image d'illustration). © REUTERS/Finbarr O'Reilly

Des militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) ont été arrêtés dans plusieurs villes du pays après avoir pris part, samedi, à des marches pacifiques de protestation avec pour mot d'ordre « Non au hold up électoral ». Mamadou Mota, vice-président du MRC, a notamment été interpellé.

Des éléments de la police camerounaise campaient encore, dimanche 2 juin, devant la Poste centrale de Yaoundé, en plein cœur de la capitale camerounaise. La veille, ils y avaient procédé à l’interpellation de plusieurs dizaines de militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) qui prenaient part à une marche pacifique, visant notamment à revendiquer la libération de leur leader Maurice Kamto, incarcéré depuis le 12 février dernier à la prison principale de Nkondengui.

Les militants du MRC ont défié l’interdiction édictée par les autorités administratives pour « risque de trouble à l’ordre publique », battant le pavé dans plusieurs villes du pays avant que la police ne procède à des interpellations de masse.

Mamadou Mota incarcéré

Selon le MRC, au moins 354 personnes ont été placé en garde à vue à l’issue des marches du 1er juin « à Yaoundé, Douala, Bafoussam (Ouest) et Nkongsamba (Ouest) ». Parmi eux figure le vice-président du parti Mamadou Mota, a rapporté à Jeune Afrique Me Meli Hyppolyte, le coordonnateur du collectif d’avocats constitués pour leur défense.


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Manifester est un des droits les plus absolus. Nous ne laisserons pas des gens prendre en otage toute une nation au détriment de la loi

Les manifestations organisées par le MRC rentrent dans le cadre d’un mouvement de contestation des résultats de la dernière élection présidentielle, avec pour mot d’ordre « Non au hold up électoral ». Le MRC a par ailleurs annoncé une seconde manifestation, le 8 juin prochain dans la capitale Yaoundé. « Manifester est un des droits les plus absolus. Nous ne laisserons pas des gens prendre en otage toute une nation au détriment de la loi », souligne un cadre du parti.

Pour le gouvernement camerounais, en revanche, « le débat sur [la présidentielle] est clos ». C’est ce qu’a notamment indiqué le ministre des Relations extérieures Le Jeune Mbella Mbella, le 28 mai dernier au cours d’une rencontre avec les membres du corps diplomatique. « Toute action de remise en cause de la décision du Conseil constitutionnel [qui avait donné le président Paul Biya vainqueur avec 71,28% des suffrages] est une atteinte à l’ordre républicain passible de sanctions prévues par la réglementation en vigueur », a notamment menacé le ministre.

Commission africaine des droits de l’homme

Au sein du MRC, « la résistance » se poursuit, sur le plan local comme à l’International. Lors de la dernière session de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, la plainte déposée par les conseils de Maurice Kamto contre l’État du Cameroun au sujet de la présidentielle a été déclarée recevable, et un délai de deux mois leur a été octroyé pour apporter les preuves des allégations qu’elle contient.


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Une décision considérée comme une victoire par de nombreux militants. « C’est un cap déterminant qui vient d’être franchi, qui démontre plus que jamais le bien fondé de la cause défendue par le plan national de résistance de Maurice Kamto », a commenté le 29 mai Olivier Bibou Nissack, porte-parle du parti.

Près de 150 militants du MRC sont toujours détenus à la prison centrale de Yaoundé, suite à leur participation aux « marches blanches » du 26 janvier dernier. Les premiers condamnés dans cette affaire, avaient écopé d’un emprisonnement ferme de 12 mois.

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