Télécoms

Maroc Telecom : l’État s’apprête à céder 8% de ses parts dans l’opérateur historique

Le siège de Maroc Telecom à Rabat en mars 2017. © Vincent Fournier/Jeune Afrique-REA

Le processus de privatisation annoncé par le Maroc pour cette année commencera par la cession de quelques participations de Maroc Telecom. Une fois les 8% cédés, l’État détiendra encore 22% du capital de l'opérateur historique marocain.

L’État marocain s’apprête à céder 8 % du capital et des droits de vote qu’il détient dans Maroc Telecom. Le gouvernement, à travers le ministre de l’Économie et des Finances, a informé l’opérateur historique de son intention de se désengager dans les semaines à venir.

Cette opération se fera à travers la cession de blocs d’actions et d’une offre publique de vente sur le marché boursier marocain. À en croire les différents acteurs du marché, cette opération se fera certainement en plusieurs fois. « Maroc Telecom est la première capitalisation boursière de la bourse de Casablanca. Il va falloir faire attention pour ne pas assécher les liquidités et pour ne pas trop perturber le bon fonctionnement de notre place », espère un patron d’une société de bourse.

61 millions de clients

Selon les calculs que nous avons pu effectuer, l’État pourrait récupérer un peu moins de 9 milliards de dirhams suite à cette opération. Les financiers de l’opérateur promettent de faciliter la tâche au gouvernement pour contribuer ainsi au succès de l’opération. Une fois les 8% cédés, l’État détiendra encore 22% du capital de Maroc Telecom.

Réalisant plus de 36 milliards de dirhams de chiffre d’affaires en 2018, Maroc Telecom se targue d’avoir plus de 61 millions de clients. Le groupe marocain est présent en Mauritanie, au Burkina Faso, au Gabon, Mali, Côte d’Ivoire, Bénin, Togo, Niger, Centrafrique et dernièrement au Tchad. L’opérateur historique marocain, présidé par Abdeslam Ahizoun, emploie plus de 10 000 salariés à travers l’ensemble du continent. Depuis 2013, la multinationale émiratie Etisalat est l’actionnaire de référence en détenant 53% du capital qu’elle a racheté auprès de Vivendi pour 4,2 milliards d’euros.


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D’autres désengagements

En plus de ces participations dans l’opérateur historique, le gouvernement marocain va céder l’hôtel La Mamounia et la station thermique de Tahaddart, comme le prévoit le budget 2019. Le prestigieux hôtel de Marrakech est détenu à hauteur de 65% par l’Office national des chemins de fer (ONCF), la ville de Marrakech détient 20% et 15% sont dans le portefeuille de la Caisse des dépôts et de gestion (CDG). Le ministre des Finances avait expliqué que c’est la part de l’ONCF qui fera l’objet d’une cession. Pour sa part, la centrale électrique de Tahaddart est détenue par l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (Onee) à hauteur de 42% et le reste est entre les mains du privé, à l’image de l’espagnol Endesa Generacion et l’allemand Siemens Project Ventures.

Selon nos informations, l’État du Maroc ne prévoit pas de tout vendre cette année. Au moins une opération attendra le début de l’année prochaine.

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