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Cet article est issu du dossier «Étienne Tshisekedi à Kinshasa : le dernier voyage de l’opposant historique»

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Politique

[Chronique] Étienne Tshisekedi : cafouillage funéraire

Par

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Damien Glez

Jusqu’à la dernière minute, le feuilleton du rapatriement de la dépouille d'Étienne Tshisekedi en RDC aura pris des allures d’imbroglio…

Il y avait l’Arlésienne invisible de l’écrivain français Alphonse Daudet et le corps embaumé « inenterrable » du révolutionnaire russe Lénine, toujours exposé 95 ans après sa mort. Il y a maintenant la dépouille de l’opposant historique congolais Étienne Tshisekedi que l’on peine à raccompagner à son dernier caveau.

Depuis 27 mois que l’ancien Premier ministre a été emporté par une embolie pulmonaire, à Bruxelles à l’âge de 84 ans, son enveloppe charnelle est ballottée comme un colis, au gré des allergies politiciennes et des incongruités logistiques.

Dernier cafouillage

Le « Sphinx de Limete » ayant été le poil à gratter des régimes mobutistes et kabilistes, il était compréhensible que le retour de son corps à Kinshasa ait inspiré frilosité aux autorités d’une RDC préélectorale jugée explosive. Le fils Félix arrivé sur le trône, via le sillon tracé par son père, les Congolais s’attendaient à ce que l’expression unanime « Repose en paix » cesse de n’être qu’une suite de mots vides de sens.


>>> À LIRE – RDC : la dépouille d’Étienne Tshisekedi annoncée à Kinshasa en début de soirée


Pourtant, quatre mois après l’investiture présidentielle, si les obsèques du « vieux » ne devraient plus tarder, un dernier cafouillage, ce 29 mai, fut du plus mauvais effet. Alors que trois jours
de cérémonies devaient débuter à l’aéroport congolais dès le jeudi matin, une source du ministre belge des Affaires étrangères annonçait, mercredi soir, qu’une cérémonie militaire prévue à l’aérodrome Melsbroek serait décalée, le rapatriement de la dépouille d’Étienne Tshisekedi étant lui-même reporté.

Pendant la nuit, Belges et Congolais se refileront la patate chaude du corps froid, finissant par conclure à des « raisons logistiques » indépendantes de leurs volontés respectives. Lesquelles ? Mystère, pour le moment.

Sans doute le peuple congolais ne souhaite-t-il que deux choses. Primo, que le corps du Sphinx trop longtemps expatrié puisse enfin se reposer à sa dernière demeure. Secundo, que les procédures congolaises – des obsèques aux scrutins, en passant par les constitutions de gouvernement – se fassent avec un peu plus de célérité…

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