Justice

Maroc : reprise du procès des assassins présumés de deux touristes scandinaves

Un homme du Bureau central d'investigation judiciaire (BCIJ), le « FBI marocain », en octobre 2017 à Rabat.

Un homme du Bureau central d'investigation judiciaire (BCIJ), le « FBI marocain », en octobre 2017 à Rabat. © DR / Image mise à disposition par le BCIJ

Le procès des assassins présumés de deux jeunes touristes scandinaves, décapitées mi-décembre dans le sud du Maroc au nom du groupe État islamique (EI), a repris jeudi à Salé, près de Rabat, après deux renvois successifs.

Au total, 24 hommes sont jugés pour « apologie du terrorisme », « atteinte à la vie de personnes avec préméditation » ou « constitution de bande terroriste ». Les principaux suspects sont accusés d’avoir tué Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans.

Les deux femmes, venues randonner dans les montagnes du Haut-Atlas (sud), ont été sauvagement tuées sur un site isolé où elles campaient pour la nuit. Leurs assassins présumés risquent théoriquement la peine capitale – des condamnations à la peine de mort sont toujours prononcées au Maroc, mais un moratoire est appliqué de facto depuis 1993.

Jeudi matin, les 24 accusés sont arrivés sous haute surveillance à la chambre criminelle de la cour d’appel de Salé pour cette audience, la troisième depuis l’ouverture début mai de ce procès très suivi.

Trois personnes jugées pour leur implication directe

Le tribunal a accepté la demande de la partie civile d’engager la « responsabilité morale » de l’État en vue de dédommagements. De ce fait, un agent judiciaire de l’État est attendu pour cette nouvelle audience.

Trois des accusés sont jugés pour leur implication directe dans le crime : Abdessamad Ejjoud (25 ans), Younes Ouaziyad (27 ans) et Rachid Afatti (33 ans), tous natifs de la région de Marrakech (sud). Le premier, un marchand ambulant considéré comme le chef du groupe, avait déjà fait de la prison pour avoir tenté de rejoindre l’EI en Syrie.


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Le trio a filmé la décapitation d’une des deux victimes et diffusé les images sur les réseaux sociaux. Une autre vidéo publiée dans la foulée montre leur serment d’allégeance à l’EI, aux côtés d’un quatrième prévenu Abderrahim Khayali, 33 ans, qui les avait accompagnés dans le Haut-Atlas mais les avait quittés avant l’agression des deux touristes.

Issus de milieux modestes, avec un niveau d’instruction très bas, tous vivaient dans des quartiers déshérités de Marrakech, destination touristique phare du royaume. Leur « cellule terroriste » inspirée par l’idéologie jihadiste, n’avait pas de « contact » avec des cadres opérationnels en Syrie ou en Irak, selon les enquêteurs, et l’EI n’a jamais revendiqué leurs actes.

Les autres accusés sont poursuivis pour leurs liens avec les tueurs présumés. Seul étranger du groupe, Kevin Zoller Guervos est un Hispano-Suisse de 25 ans installé au Maroc après sa conversion à l’islam.

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