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Cet article est issu du dossier «Coup d'envoi pour la Zone de libre-échange continentale»

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Politique économique

Libre-échange : la Zlec officiellement sur les rails

Au sommet de l'UA à Kigali, le 20 mars 2018, lors de la signature de l'accord sur la Zlec.

Au sommet de l'UA à Kigali, le 20 mars 2018, lors de la signature de l'accord sur la Zlec. © DR / union africaine

L'accord portant sur la création de la zone de libre-échange continentale (Zlec), promue par l’Union africaine (UA), entre en vigueur ce 30 mai.

Une première étape très attendue pour ce projet dont l’ambition est de créer le plus vaste marché commun au monde depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce, en 1995.

« Potentiellement, il s’agit de la plus grande avancée vers l’intégration régionale de l’Afrique depuis la fin du colonialisme. pas moins », s’est félicité sur Twitter l’économiste bissau-guinéen Carlos Lopes, professeur à l’université du Cap en Afrique du Sud.

Signé par 52 pays (sur 55), l’accord a été ratifié par 22 d’entre eux, le seuil requis par la commission de l’institution pour pouvoir justement prendre effet.


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Exclusion de produits

Les différents pays signataires poursuivent depuis le 20 mai des négociations bilatérales, notamment sur les produits qui feront l’objet d’une libéralisation ou au contraire en seront exclus.

L’exclusion repose sur certains critères tels que la sécurité alimentaire (blé, riz…), les recettes douanières,  l’impact socio-économique. (santé public, protection de certaines industries…). Ces échanges porteront également sur les conditions applicables pour que les marchandises bénéficient de la franchise de droits de douane.


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Les résultats de ce cycle de discussions seront entérinés lors d’une conférence ministérielle, les 7 et 8 juin prochains à Addis-Abeba, en Éthiopie, avant la tenue du grand sommet des chefs d’État et de gouvernement en vue de lancer la première phase opérationnelle, le 7 juillet à Niamey, au Niger.

Abuja se fait attendre

La Zlec a un grand nombre de défis devant elle. Au rang des plus politiques, et des plus visibles, figure toujours la réticence du Nigeria d’adhérer à cette zone de libre-échange.

Comme le Bénin et l’Érythrée, le géant économique du continent (environ 200 millions d’habitants) n’a en effet toujours pas signé l’accord, craignant que le dumping de pays africains et étrangers ne ruine certains secteurs de son économie.


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Afin de trancher, le président nigérian, Muhammadu Buhari, investi le 29 mai pour un second mandat, a demandé un rapport d’évaluation sur l’impact que pourrait avoir la Zlec sur l’économie de son pays. Sa réponse est très attendue. Le ministre nigérian du Commerce, Okechukwu Enelamah, s’est dit optimiste quant à l’issue de cette réflexion.

« Je pense que le président a un sentiment d’urgence à ce sujet, car lorsqu’il nous a demandé de réaliser une étude d’impact de la Zlec sur l’économie nigériane, il ne nous a donné que trois mois pour l’achever, et nous l’avons fait », a-t-il déclaré dans un entretien accordé à l’agence Bloomberg.

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