Héros d'un jour

CAN 2004 : Youssouf Hadji, l’homme qui délivra le Maroc face à l’Algérie

Youssouf Hadji lorsqu'il évoluait dans le club de Rennes, en septembre 2011. © Paolo Giovannini/AP/SIPA

Le 8 février 2004 à Sfax, le Maroc affronte l’Algérie en quarts de finale de la CAN. Youssouf Hadji, sur sa première occasion, marque le deuxième but des Lions de l’Atlas lors de la prolongation et libère sa sélection qui s’imposera finalement 3-1.

En 2004, les supporteurs marocains sont un peu boudeurs. La sélection nationale, en panne de résultats depuis sa qualification pour la Coupe du monde 1998, a du mal à les enthousiasmer.

Au début de cette CAN en Tunisie, les Lions de l’Atlas pensaient pouvoir au mieux atteindre les quarts de finale. « Nous étions tombés dans un groupe difficile, avec le Nigeria, l’Afrique du Sud et le Bénin, rappelle Youssouf Hadji, alors âgé de 23 ans. Mais après notre premier succès face au Nigeria (1-0), puis celui contre le Bénin (4-0), tout le monde nous voyait champions d’Afrique ».

L’attaquant marocain, qui évolue à l’époque à Bastia, n’a rien oublié au moment d’évoquer le contexte de cette confrontation toujours particulière. « On termine à la première place après notre match nul face aux Sud-Africains (1-1), et arrive donc ce derby. L’Algérie, à l’époque, était une équipe qui se reconstruisait, mais elle venait d’éliminer l’Égypte. C’était un match très ouvert… »

Tensions en tribunes

Et une rencontre avec, forcément, une ambiance loin d’être apaisée, comme le rappelle Hadji. « Quand notre bus arrive au stade, les supporteurs algériens, installés dans une tribune, le bombardent de sièges qu’ils viennent d’arracher. » Arrive le match, et Hadji, pourtant auteur de deux buts lors du premier tour, ne le débute pas. « Je suis remplaçant, et je suis un peu déçu », se souvient-il.

La rencontre est équilibrée, avec beaucoup d’intensité, des occasions des deux côtés. Les duels sont rudes mais jamais méchants. Beaucoup de joueurs des deux équipes se connaissent ou jouent ensemble. « Moi, je jouais avec l’Algérien Anthar Yahia, à Bastia », rappelle Youssouf Hadji.

« Et puis, l’Algérie marque, à six minutes de la fin, le coach me fait entrer en jeu, j’étais motivé et je savais que j’allais me procurer une occasion à un moment où à un autre », explique Hadji.  Mais sans forcément se douter qu’il deviendrait, quelques minutes plus tard, l’homme qui propulsera son équipe sur la voie d’un succès historique.

Chamakh égalise sur le fil, Hadji délivre le Maroc

Dans les dernières secondes, Marouane Chamakh égalise et arrache la prolongation. « On sent que les Algériens sont perturbés, qu’ils ont pris un coup sur la tête. Dans les tribunes, c’est toujours très tendu entre les supporteurs des deux équipes. À la fin de la première prolongation, le score n’a pas bougé, et je n’ai toujours pas eu d’occasion. Puis, à sept minutes de la fin, alors qu’on se dirige vers les tirs au but, je reçois le ballon, sur le côté gauche de la surface algérienne, je réussis mon contrôle, je m’avance, et dans un angle fermé, je frappe du gauche, le ballon passe sous le ventre du gardien et ça fait 2-1. »

Nos supporteurs étaient tellement heureux de cette victoire face au rival algérien qu’ils nous ont dit qu’on pouvait rentrer à la maison, que la CAN était réussie »

Dans les dernières secondes, Zaïri marque le troisième but des Lions. « On est tellement heureux qu’on ne se rend pas vraiment compte que dans les tribunes, c’est chaud, avec la police qui intervient. D’ailleurs, on a appris un peu plus tard qu’il y avait eu des incidents en ville. »

Quand il rentre à l’hôtel, Hadji consulte la messagerie vocale de son téléphone portable. « Mes potes algériens m’avaient appelé quand les Fennecs ont marqué. J’ai essayé de les rappeler un peu plus tard, mais ils n’ont jamais répondu », dit l’attaquant qui en rit encore.

« Nos supporteurs étaient tellement heureux de cette victoire face au rival algérien qu’ils nous ont dit qu’on pouvait rentrer à la maison, que la CAN était réussie. » Les Marocains pousseront quand même jusqu’en finale (1-2 contre la Tunisie) après un large succès face au Mali (4-0) en demies.

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