Politique

Nigeria : le président Muhammadu Buhari est investi pour un second mandat

Muhammadu Buhari, le 25 février à Abuja. © Bayo Omoboriowo/AP/SIPA

Muhammadu Buhari a été investi mercredi pour un second mandat qui s'annonce difficile. La cérémonie s'est tenue à Abuja, sans chefs d'États étrangers.

« Moi, Muhammadu Buhari, je promets que je porterai allégeance à la République fédérale du Nigeria, et que j’accomplirai mes devoirs à hauteur de mes meilleures capacités, (…) en respectant la Constitution », a déclaré le chef de l’Etat de 76 ans, trois mois après les élections de février, contestées par l’opposition.

Aux côtés du vice-président Yemi Osinbajo, l’ancien général est arrivé sur la scène d’Eagle Square à Abuja, entouré d’un grand nombre de militaires et généraux.

Aucun chef d’Etat étranger n’assistait à cette cérémonie, présentée comme « sobre » par la présidence. Ils sont attendus lors d’une autre cérémonie qui devrait avoir lieu le 12 juin, et qui marque depuis cette année le « jour de la démocratie » au Nigeria.

Lutte contre Boko Haram

M. Buhari n’a pas fait de discours d’investiture mais dans une récente interview à la télévision nationale, le président s’est félicité de la lutte contre le groupe jihadiste Boko Haram dans le nord-est du pays, qui, d’après lui, « ne contrôle plus aucun territoire ».

Toutefois, quelques heures avant cette cérémonie, Boko Haram, qui garde une importante force de frappe, a mené une tentative d’incursion sur Maiduguri, capitale de l’Etat du Borno de près de 2 millions d’habitants, qui a finalement été repoussée par l’armée.

Le « cancer » de la corruption

Autre grande promesse présidentielle, la lutte contre la corruption, « ce cancer » qui gangrène le premier exportateur du continent, selon le président Buhari. Il s’est récemment dit « frustré » de ne pas pouvoir aller « plus vite dans les poursuites judiciaires et les procès contre les personnes corrompues ».

Cette année, « les priorités clés de son second mandat seront à peu près les mêmes, mais plus orientées », explique Sa’eed Husaini, analyste politique pour le cabinet Control Risk. Selon lui, « sur la lutte anticorruption, l’accent sera mis sur les enquêtes et les procédures judiciaires », plutôt que sur les arrestations de grandes personnalités ou la saisie massive de biens supposés volés des caisses de l’Etat, comme ce fût le cas lors de ce premier mandat.

« Et sur la sécurité, la lutte contre Boko Haram doit être étendue à la lutte contre le banditisme dans le Nord – qui a fait des centaines de morts depuis le début de l’année – et le conflit entre agriculteurs et éleveurs dans la ceinture centrale du pays », poursuit le politologue nigérian.

Économie

Côté économique, le président se place comme un homme du peuple et a récemment approuvé une hausse du salaire minimum de 60%. Toutefois, le géant de l’Afrique peine à se relever de la terrible récession de 2016-2017, avec un taux de croissance d’à peine 2% en 2018.

« Le pays a besoin d’une meilleure stabilité macro-économique, de politiques économiques qui rassurent les investisseurs, et qui encouragent la croissance », martèle l’économiste nigérian Nonso Obiliki.

« Cela a une chance de se produire si nous avons de nouvelles têtes au gouvernement », confie-t-il. « Pas si on garde les mêmes pour recommencer ».

Interrogé sur la nouvelle formation de son gouvernement par le journaliste de la télévision nationale mardi, Buhari a répondu qu’il « n’en avait discuté encore avec personne ». « Vous ne serez pas le premier avec qui j’en parlerai ».

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