Droits de l’homme

[Infographie] Maintien de la paix en Afrique : opération à haut risque pour les Casques bleus

Minusma © Sur 14 opérations de maintien de la paix, 7 sont déployées en Afrique. Photo: MINUSMA/Gema Cortes

Alors que l'ONU vient de célébrer la Journée internationale des Casques bleus, l'Afrique est devenue le terrain privilégié pour les opérations de maintien de la paix déployées par l'organisation internationale depuis 1948.

« Lorsque les troupes des Nations unies sont réduites à rester dans le camp, en attente que les ordres viennent de New York ou d’ailleurs, pendant que les malfaiteurs s’en donnent à cœur joie, il faut revoir la nature de la mission », avait pointé le président sénégalais Macky Sall lors du cinquième Forum international de Dakar, en novembre 2018, à propos des opérations de maintien de la paix (OMP) de l’ONU.

Mali, Centrafrique, Soudan, RD Congo, Sahara occidental… C’est sur le continent africain que l’on dénombre le plus d’opérations de maintien de la paix : sept des quatorze missions actuelles y sont en effet déployées. Et c’est sur ces mêmes territoires que les Casques bleus, chargés de rétablir la paix et de protéger les populations vulnérables, paient le plus lourd tribut.

Depuis 2010, les cinq missions les plus meurtrières sont situées en Afrique, la Minusma (Mali) détenant le triste record du nombre de soldats de la paix tués sur son sol (153 depuis 2013). « Le maintien de la paix se heurte à une multitude de problèmes, notamment des menaces croissantes, une diminution du consentement des pays hôtes, des mandats complexes, des tâches de protection redoutables et des problèmes de financement », reconnaît un porte-parole des opérations de paix de l’ONU à New York. 

Environnements plus dangereux

En décembre 2017, l’ONU avait tenté de réagir avec la publication du « rapport Cruz », qui examinait les moyens concrets pour mieux protéger ses soldats de la paix. « C’est toujours du maintien de la paix, simplement aujourd’hui nous le faisons dans des environnements qui sont beaucoup plus dangereux et beaucoup plus difficiles, en présence de groupes qui, eux, pillent, tuent, violent les populations et veulent affaiblir les efforts de paix », précisait le rapport en prônant une posture plus offensive des OMP.

Toutefois, en dépit du déploiement de moyens financiers et militaires importants, ces missions onusiennes sont encore critiquées pour leur inefficacité. Créée par une résolution du Conseil de sécurité datée d’avril 2013, la Minusma, dont le mandat est axé sur la sécurité et la protection des civils, ne parvient toujours pas à mettre fin à l’insécurité qui s’étend au centre du Mali. « Actuellement, le mandat est inapproprié, c’est clair. Mais ce n’est pas le seul problème. Un certain nombre de nos contingents ont un clair déficit de capacité. Nous manquons de véhicules blindés, nous avons des soldats qui ne sont pas toujours bien formés, pas toujours bien équipés… et cela dépend des pays contributeurs de troupes », regrettait Mahamat Saleh Annadif, le chef de la Minusma, dans un entretien à Jeune Afrique, en novembre dernier. Le bilan des autres opérations n’est pas plus reluisant.

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