Héros d'un jour

CAN 1990 : le jour où Chérif Oudjani a offert à l’Algérie son premier titre continental

La frappe d'Oudjani qui trompe le gardien nigérian, en finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 1990 au Stade du 5-juillet d'Alger.

La frappe d'Oudjani qui trompe le gardien nigérian, en finale de la Coupe d'Afrique des nations (CAN) 1990 au Stade du 5-juillet d'Alger. © YouTube/fluminio

L’Algérie, qui organisait la Coupe d'Afrique des nations (CAN) pour la première fois en 1990, avait réalisé cette année-là un parcours parfait. Elle s'était imposée en finale face au Nigeria (1-0) grâce à un but de Chérif Oudjani, offrant aux Fennecs la première de leurs deux étoiles. Souvenirs.

Le 2 mars 1990, lorsque les Fennecs débutent leur premier match du premier tour à Alger face au Nigeria, le souvenir de la douloureuse élimination en qualifications pour la Coupe du monde en Italie, quatre mois plus tôt, est toujours présent.

« On avait perdu en Égypte (0-1, 0-0 à l’aller) dans des conditions houleuses. Les Égyptiens, par crainte de représailles, avaient envoyé une équipe très remaniée pour cette CAN », se souvient Chérif Oudjani, qui n’avait à l’époque que 25 ans. L’attaquant, né à Lens et qui évoluait alors à Sochaux, n’est autre que le fils d’Ahmed Oudjani, lui-même ancien international algérien.

Les Fennecs logés au Stade du 5-juillet

L’Algérie, qui avait disputé les deux précédentes éditions du Mondial, s’appuie sur quelques joueurs d’expérience, dont Rabah Madjer et Djamel Menad, ainsi que des éléments plus jeunes. Le staff technique, dirigé par Abdelhamid Kermali, décide d’isoler la sélection. Plutôt que de loger les joueurs dans un grand hôtel algérois, ceux-ci sont installés au Stade du 5-Juillet, où le confort est limité.

On jouait bien, on marquait des buts. Il y avait une vraie unité dans l’effectif

« Il y avait des chambres et une salle de restauration mais on était entre nous, coupés du monde, pour bien se préparer, se rappelle Chérif Oudjani. C’était un mélange intéressant de jeunes et de joueurs plus expérimentés. » Et cela fonctionne : au premier tour, l’Algérie balaie le Nigeria (5-1), la Côte d’Ivoire (3-0), puis l’Égypte (2-0). « On jouait bien, on marquait des buts. Il y avait une vraie unité dans l’effectif », ajoute le seul joueur binational de la sélection de 1990.

Cette année-là, l’Algérie rafle tout

Après avoir éliminé le Sénégal de Claude Le Roy (2-1) en demi-finale, les Algériens retrouvent les Super Eagles nigérians, qui viennent de se débarrasser de la Zambie (2-0). « Il fallait faire attention à ne pas tomber dans la facilité, sous prétexte qu’on les avait battus 5-1 au premier tour. Le Nigeria était une équipe en construction, qui allait marquer les années 1990 (avec Amokachi, Idahor, Okechukwu, Yekini). Ce fut un match difficile, comme prévu. Rien à voir avec celui du premier tour. »

Oudjani, dont le coach Kermali a fait un titulaire, délivre son équipe à la 38e minute. Il s’en souvient encore : « Moussa Saïb me donne le ballon, à une vingtaine de mètres du but adverse. Je contrôle et je marque d’une frappe enroulée, du droit, à mi-hauteur. Moi qui avais plutôt l’habitude de marquer des buts de surface, je venais de changer de registre », explique celui qui est aujourd’hui membre de la cellule recrutement du FC Nantes. Le Stade du 5-juillet, qui accueille ce jour-là 105 000 spectateurs, voit Madjer et sa bande soulever le premier trophée du Onze national.

Lors de cette CAN, l’Algérie rafle tout : le sacre, le titre de meilleure attaque (13 buts), de meilleure défense (seulement 2 buts encaissés), Djamel Menad termine en tête du classement des buteurs (avec 4 réalisations), et Rabah Madjer reçoit le titre honorifique de meilleur joueur du tournoi. Depuis, les Fennecs ont remporté une seconde CAN, le 19 juillet 2019. Mais ça, c’est une autre histoire.

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