Pétrole & Gaz

Hydrocarbures : Alger pourrait bloquer le rachat d’Anadarko par Total

Exploitation d'hydrocarbures en Algérie (Sonatrach).

Exploitation d'hydrocarbures en Algérie (Sonatrach). © JF ROLLINGER pour JA

Le ministre algérien des Énergies a prévenu le 26 mai que le droit de préemption d’Alger pourrait être utilisé pour défendre les intérêts nationaux, en empêchant le rachat des actifs algériens d’Anadrako par le français Total… Avant de revenir en partie sur cette déclaration le lendemain.

Le renforcement de Total en Algérie est loin d’être acquis, a laissé entendre le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, le 26 mai. Le ministre a en effet prévenu que si Total devait racheter les actif africains d’Occidental Petroleum (dans le cas où son offre de rachat d’Andarko était accepté), les autorités feraient « de leur mieux pour préserver les intérêts de l’Algérie, y compris en utilisant notre droit de préemption pour bloquer cette vente » rapporte l’agence Reuters. Une manière pour lui de défendre le pétrole algérien, nationalisé en 1971 ?


>>> À LIRE – Ce jour-là : le 24 février 1971, Houari Boumédiène annonce la nationalisation des hydrocarbures


Cette déclaration faite en marge de la cérémonie de prise de fonction du nouveau PDG de la Sonelgaz, Boulekhrass Chaher, renvoie à l’annonce faite par Total le 5 mai dernier. Le groupe français avait annoncé la signature d’un accord avec l’américain Occidental, afin de racheter tous les actifs pétroliers et gaziers d’Anadarko en Afrique pour 8,8 milliards de dollars, dans le cas où ce dernier acceptait d’être racheté par son compatriote Occidental (l’offre totale est de 57 milliards de dollars).

Transaction à finaliser en 2020

« Notre ministère a contacté Anadarko pour avoir des explications sur cette annonce mais jusqu’ici, nous n’avons pas eu de réponse, a déclaré Mohamed Arkab. Cela signifie qu’il n’y a pas de contrat entre Total et Anadarko ». Si elle est validée, cette transaction sera finalisée en 2020, avait prévenu Patrick Pouyanné, le PDG de Total, lors de l’annonce.

« Si elle se réalise, l’acquisition d’Anadarko par Occidental nous offre l’opportunité d’acquérir un portefeuille d’actifs de classe mondiale en Afrique, ce qui renforcerait notre position de leader parmi les sociétés privées internationales sur le continent », a fait valoir Patrick Pouyanné, dans le communiqué de presse annonçant l’accord sous condition avec Occidental.

25 % de la production de brut en Algérie

En Algérie, les actifs d’Anadarko représentent environ 260 000 barils par jour, soit plus de 25 % de la production nationale de brut (estimée à un million de barils par jour). La transaction annoncée concernerait aussi un projet majeur de gaz naturel liquéfié au Mozambique et des activités de pompage d’hydrocarbures en offshore profond au Ghana. Total accéderait ainsi à 1,2 milliard de barils de réserves prouvées et probables, dont 70 % de gaz.

À plus long terme, le groupe français bénéficierait de deux milliards de barils de ressources de gaz naturel au Mozambique, grâce à un projet gazier dont le démarrage est prévu en 2024. De quoi renforcer un portefeuille africain déjà majeur pour le groupe français, qui y produit actuellement autour de 700 000 barils par jour (sur 2,8 millions de barils par jour à l’échelle mondiale en 2018), mais essentiellement sous forme de pétrole liquide, et non de gaz.

Chevron sort de course

Dans la course pour le rachat d’Anadarko, l’américain Chevron avait ouvert la marche le 12 avril, en proposant 33 milliards de dollars, mais il s’est finalement retiré de la course le 9 mai, après l’offre d’Occidental, appuyée financièrement par Total et le milliardaire américain Warren Buffet.


Rétropédalage

Interrogé ce 27 mai lors d’une visite au gisement de gaz de Tindouf, le ministre Mohamed Arkab est revenu sur ses propos de la veille en indiquant que : « la Sonatrach [compagnie pétrolière publique algérienne] cherchera[it] un bon compromis ».

« La Sonatrach doit entretenir de bonnes relations avec des partenaires étrangers pour développer ses programmes » a expliqué le ministre, ajoutant que la compagnie « préserverait ses intérêts ».

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