Politique

Libye : le maréchal Haftar accuse l’émissaire de l’ONU de partialité

Khalifa Haftar, le chef de l'ANL, en avril 2011. © Magharebia/CC/Wikimedia Commons

L'émissaire de l'ONU pour la Libye Ghassan Salamé est devenu « un médiateur partial » dans le conflit, a accusé le maréchal libyen Khalifa Haftar, homme fort de l'Est du pays, dans une interview publiée en France par le « Journal du dimanche » (JDD).

Le 21 mai, Ghassan Salamé avait affirmé devant le Conseil de sécurité que la Libye était « sur le point de tomber dans une guerre civile ». Le diplomate libanais avait averti que les combats opposant près de Tripoli Khalifa Haftar et son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) au Gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale pourraient « conduire à la division permanente du pays ».

« La Libye restera un seul peuple »

« La partition de la Libye, c’est peut-être ce que nos adversaires veulent. C’est peut-être ce que Ghassan Salamé souhaite aussi », a déclaré Khalifa Haftar au JDD. « Mais tant que je serai vivant, jamais cela ne se produira ».

« Ghassan Salamé multiplie les déclarations irresponsables. Il n’était pas comme ça avant, il a changé. D’un médiateur honnête et impartial, il est devenu un médiateur partial. Ce genre de propos révèle qu’il y a une opinion commune chez ces gens-là, qui parlent de partition et de conflits entre tribus. Mais, encore une fois, cette division est impossible car les Libyens resteront unis et la Libye restera un seul peuple. Tout le reste n’est que chimères », a ajouté le maréchal.


>>> À LIRE – Libye – Abdulhadi Lahouij, ministre des Affaires étrangères pro-Haftar : « Nous voulons un État civil »


La Libye est plongée dans le chaos avec des luttes de pouvoir et des milices qui font la loi depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après une révolte populaire soutenue par une intervention militaire occidentale. Depuis le lancement le 4 avril de l’offensive des partisans de Khalifa Haftar contre Tripoli, les combats ont fait au moins 510 morts et près de 2500 blessés et ont poussé à la fuite plus de 80 000 personnes, selon des agences de l’ONU.

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