Elections

Législatives à Madagascar : premier test électoral crucial pour Andry Rajoelina

Andry Rajoelina, président de Madagascar. © Toni rasoamiaramanana

Les Malgaches sont appelés aux urnes ce lundi. Des élections législatives cruciales pour le président Andry Rajoelina. À l'issue du scrutin, Andry Rajoelina espère avoir les coudées franches pour mener les réformes qu'il a amorcées.

Premier test électoral pour le président malgache après seulement quatre mois de mandat, les élections législatives du 27 mai vont décider de la marge de manoeuvre dont bénéficiera Andry Rajoelina pour continuer à mener ses réformes politiques et économiques.

Signe de l’importance du scrutin : en mars, le président malgache a consacré une dizaine de jours à rencontrer personnellement la quasi-totalité des candidats de sa coalition, Isika Rehetra Miaraka amin’i Andry Rajoelina » (IRD – « Nous tous, ensemble avec Andry Rajoelina »). Présente dans les 151 circonscriptions, l’IRD a une feuille de route claire : en remporter au moins la moitié.

En quête de stabilité

« Le choix du Premier ministre par la majorité des députés est le véritable enjeu », avance Juvence Ramasy, maître de conférence en sciences politiques. « En cas de victoire du TIM (Tiako i Madagasikara, « J’aime Madagascar ») de Marc Ravalomanana, nous devrions entrer en cohabitation. »

Une majorité nette permettrait au contraire à « TGV » – le surnom du président malgache – de poursuivre ses réformes en matière de sécurité, d’énergie, de télécoms… Cela faciliterait également l’avancée de son projet de référendum constitutionnel, qui nécessite une majorité qualifiée des trois quarts de l’Assemblée.

A l’inverse, une victoire trop courte face aux indépendants, qui représentent environ 60% des candidats en lice, pourrait signer un retour à une période d’instabilité telle que celle qui avait marqué la précédente législature.


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« La situation était alors paradoxale : alors que l’ancien président Hery Rajaonarimampianina a connu des tentatives de déchéance venant des députés, toutes ses lois sont pourtant passées », rappelle Juvence Ramasy. Parmi les candidats indépendants, majoritaires, on trouve d’ailleurs des anciens du HVM, le parti de « Hery », déjà rayé du spectre politique six mois après la présidentielle perdue.

« Pour éviter les “députés girouettes” de la précédente législature, il faut un gouvernement stable, issu de la majorité élue au suffrage universel, et un Parlement respectueux de la Constitution », plaide le chanteur Paul Rahasimanana, dit « Rossy », lui-même candidat dans la capitale sous les couleurs de « Andry ».

Marc Ravalomanana joue sa survie politique

Marc Ravalomanana, lors d'une conférence de presse à Antananarivo, le 19 décembre 2018. © Themba Hadebe/AP/SIPA

Marc Ravalomanana a presque 70 ans. Une défaite signifierait une traversée du désert

Du côté du TIM, « nos arguments concernent surtout l’éthique et la discipline de parti », affirme Olga Ramalason, secrétaire générale de Tiako i Madagasikara.

« Nous avons également adapté aux circonscriptions notre programme présidentiel dans la sécurité, l’éducation… Face à nous, l’IEM est vide ! », attaque Olga Ramalason, évoquant l’Initiative pour l’émergence de Madagascar d’Andry Rajoelina, à la fois programme de campagne et feuille de route qu’il s’est fixée pour son mandat présidentiel.

Mais plus qu’un débat sur les projets, l’enjeu pour le TIM est de continuer à exister après sa défaite lors de la présidentielle, et alors que le parti ne compte qu’un unique sénateur – Olga Ramalason. Le TIM a présenté des candidats dans seulement 108 circonscriptions, et il n’a rassemblé qu’un petit millier de personnes lors de la présentation de ceux-ci à Antananarivo, le 4 mai. « Marc Ravalomanana a presque 70 ans. Une défaite signifierait une traversée du désert », prévient Juvence Ramasy.

Un personnel politique décrié

Des électeurs malgaches dans un bureau de vote à Antananarivo, à Madagascar, mercredi 7 novembre 2018. © Kabir Dhanji/AP/SIPA

La prochaine Assemblée nationale arrivera-t-elle à s’extraire de la médiocrité, de l’opportunisme et de la corruption ?

Au-delà des joutes partisanes, le visage de la future Assemblée et la manière dont les députés mèneront leur mandat au cours de la législature à venir imprimera ou non un tournant dans la politique malagasy dans son ensemble.

« La prochaine Assemblée nationale arrivera-t-elle à s’extraire de la médiocrité, de l’opportunisme et de la corruption des précédentes ? », s’interrogeait ainsi en avril le Sefafi, un influent observatoire de la vie politique.


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Signe fort dans la lutte contre la corruption, une procédure judiciaire a été lancée en mai à l’encontre de 79 anciens députés soupçonnés d’avoir reçu de l’argent au cours d’un « séminaire » à l’hôtel du Paon d’Or, en avril 2018. La justice les soupçonne d’avoir accepté des pots-de-vin en échange de leur vote en faveur des loi électorales contestées.

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