Politique économique

Objectifs de développement durable : l’Afrique à la traîne dans le domaine des infrastructures

Des ouvriers travaillent à la construction de la route Cotonou-Ouidah, au Bénin, le 19 février 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Selon le Programme des Nations unies pour le développement, quinze pays africains n’auraient pas atteint 10 % des objectifs en matière d'infrastructures définis par les Nations Unies pour l'horizon 2030.

Parmi les Objectifs de développement durable (ODD) fixés par les Nations unies à l’horizon 2030, le neuvième est celui qui promeut les infrastructures, l’industrialisation et l’innovation. Or, « les ODD 9 sont très en retard en Afrique », alerte Ahunna Eziakonwa, assistante directrice régionale pour l’Afrique au programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

« Même l’Algérie qui est le pays le plus performant sur le continent dans la réalisation de ses objectifs globaux [68 % de réalisations en 2018] n’a pour l’heure réalisé que 29 % de ses objectifs en matière d’infrastructures ».

Ce constat a fait l’objet d’un dialogue de haut niveau mardi 21 mai, au bureau parisien de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), où étaient réunis plusieurs ministres africains et des membres de grandes institutions internationales. Selon Ahunna Eziakonwa, quinze pays africains n’auraient pas atteint 10 % de leurs objectifs en matière d’ODD 9.

Appel aux investisseurs privés

Un retard préoccupant selon elle, puisque « la réalisation de 25 % des ODD dans ce domaine permettrait de réaliser plus de la moitié des objectifs globaux », parmi lesquels la réduction de la pauvreté, du chômage et des inégalités sociales.

À la racine du mal, la question du financement reste cruciale. Les besoins en matière d’infrastructures sont chiffrés à plus de 100 milliards de dollars par an, a rappelé José Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, et les « fonds de pension et souverains qui pourraient combler les besoins préfèrent souvent investir hors du continent », déplore la représentante des Nations Unies.


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« Les investisseurs privés vont là où c’est rentable, mais ils doivent désormais comprendre qu’investir dans les ODD constitue un investissement rentable ! », insiste Felix Fernandez-Shaw, directeur général de la coopération internationale et du développement de la Commission européenne, ajoutant que le budget européen constitue une garantie pour l’investisseur qui souhaite miser sur le développement durable.

Renforcer l’inclusion sociale et la formation

Les intervenants ont également rappelé la nécessité de lier le développement des infrastructures à la création d’emplois pour les Africains – autre objectif de développement durable -, notamment dans la maintenance, ce qui ouvre des opportunités en matière de formation.

« Le Togo ambitionne de devenir un hub logistique, un pôle de transformation agricole et manufacturière et d’industries extractives », a par exemple détaillé Victoire Tomegah-Dogbé, ministre togolaise du Développement, de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes, rappelant qu’un plan 2018-2022 de 8 milliards de dollars a été lancé à cet effet, car  » les grandes infrastructures ne sont pas connectées suffisamment aux milieux ruraux et le chômage des jeunes reste un problème majeur”.

Si les ODD en matière d’éducation sont prometteurs au niveau de l’école primaire, dans le secondaire les taux restent encore très faibles, ce qui explique le manque de jeunes formés prêts à l’embauche. Et l’entrée en vigueur de la Zone de libre échange continentale risque d’accroître la compétition sur les compétences entre pays, mettent en garde certains institutionnels.

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