Culture

Prix Goncourt : l’écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal parmi les finalistes

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Mis à jour le 04 novembre 2020 à 13h38
L’écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal a remporté mercredi 22 mai 2019 la première édition du prix Orange du livre en Afrique.

L’écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal a remporté mercredi 22 mai 2019 la première édition du prix Orange du livre en Afrique. © DR

En 2019, « Munyal, les larmes de la patience » (éd. Proximité), de l’écrivaine camerounaise Djaïli Amadou Amal remportait la première édition du prix Orange du livre en Afrique. En 2020, ce même roman portant désormais le titre « Les Impatientes », réédité par la maison française Emmanuelle Collas, figure dans le dernier carré des romans sélectionnés pour le prix Goncourt. Prix dont la remise, prévue le 10 novembre, pourrait être décalée en raison de la fermeture actuelle des librairies.

Pour sa première édition, le prix Orange du livre en Afrique a récompensé mercredi 22 mai 2019 Munyal, les larmes de la patience (éd. Proximité) de la Camerounaise Djaïli Amadou Amal. C’est ce même ouvrage, paru sous le titre Les Impatientes (éd. Emmanuelle Colas), qui vaut aujourd’hui à l’auteure de figurer parmi les quatre finalistes du prix Goncourt aux côtés d’Hervé Le Tellier, Maël Renouard et Camille de Toledo.*

Avec ce troisième roman, après Walaande, l’art de partager un mari  et Mistiriijo la mangeuse d’âmes, l’écrivaine brise à nouveau les tabous en revisitant ses thèmes de prédilection : le mariage précoce et forcé, la polygamie et les droits des femmes.

Ce livre retrace le destin de Ramla, 17 ans, arrachée à son amour pour être mariée de force avec Alhadji Issa, un homme riche et déjà marié. Hindou, sa sœur du même âge, est quant à elle contrainte d’épouser Moubarak, son cousin, alcoolique, drogué et violent. Safira, 35 ans, la première épouse d’Alhadji Issa, voit quant à elle d’un très mauvais œil l’arrivée dans son foyer de la jeune Ramla, qu’elle veut voir répudiée.

Lorsque chacune désire s’opposer aux décisions que les hommes, maris, pères ou oncles leur imposent, un seul conseil leur est donné : « Munyal », qui signifie patience. Cette vertu cardinale de la culture peule, enseignée dès le plus jeune âge et répétée lors du mariage, est une forme d’assignation à tout supporter, y compris les pires violences. Contraintes d’obéir à cette injonction jusqu’à se mettre en danger, ces femmes deviennent ce que la société attend d’elles. Traditions, superstitions et interprétations religieuses les poussent à la soumission.

« Une voix forte, sincère, révoltée »

Le jury de cette première édition était composé de Michèle Rakotoson (Madagascar), Elizabeth Tchoungui, Kouam Tawa (Cameroun), Fawzia Zouari (Tunisie), Mohamed Mbougar Sarr (Sénégal), Yvan Amar, Valérie Marin La Meslée, ainsi que Nicolas Michel, romancier et journaliste, responsable des pages Culture de Jeune Afrique. Présidente du jury, l’écrivaine et poétesse ivoirienne Véronique Tadjo a salué un roman et « une voix forte, sincère, révoltée, servie par une langue qui porte sa culture ».


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« L’auteure peint trois destins de femmes, qui nous immergent sans manichéisme dans l’univers étouffant d’épouses aux prises avec la polygamie et les pesanteurs de la tradition », a assuré Véronique Tadjo à Jeune Afrique. « La maîtrise de la construction narrative apporte un souffle nouveau à un thème qui pourrait sembler appartenir au passé, mais qui hélas est encore d’actualité dans beaucoup de nos pays », a-t-elle encore ajouté.

« Dynamiser l’édition africaine »

Pour cette première édition, étaient sélectionnés 59 livres, publiés par 39 maisons d’édition de 16 pays africains. Djaïli Amadou Ama s’est ainsi distinguée parmi une sélection où l’on trouvait notamment Chairs d’argile de la Marocaine Salima Louafa (Afrique Orient), « À l’orée du trépas » du Sénégalais Khalil Diallo (L’Harmattan Sénégal), Même pas mort du Marocain Youssouf Amine Elalamy (Le Fennec), La rue 171 de l’Ivoirien Pierre Kouassi Kangannou (Eburnie), et « L’amas ardent » du Tunisien Yamen Manai (Elyzad).

Cette sélection « reflète les grands enjeux contemporains à la fois universels et africains : religion, terrorisme, condition de la femme, gouvernance, écologie, parmi d’autres », a loué Véronique Tadjo.

Ce prix est destiné à « dynamiser l’édition africaine et à offrir aux auteurs plus de visibilité à l’intérieur comme à l’extérieur du continent », a encore ajouté la présidente du jury. La lauréate recevra ainsi 10 000 euros et bénéficiera d’une campagne de promotion de son ouvrage.

(*) Nous republions cet article, initialement paru en mai 2019 au lendemain de l’attribution du prix Orange du livre en Afrique à Djaïli Amadou Amal

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