Sécurité

Libye : de violents combats au sud de Tripoli font craindre une « longue » guerre, selon l’ONU

Des combattants libyens dans l'Est, en 2015 (photo d'illustration).

Des combattants libyens dans l'Est, en 2015 (photo d'illustration). © Mohamed Ben Khalifa/AP/SIPA

Les combats ont gagné en intensité mardi au sud de la capitale libyenne, alors que l'émissaire de l'ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, mettait en garde devant le Conseil de sécurité contre « le début d'une guerre longue et sanglante ».

Plus de six semaines après le début de leur assaut sur Tripoli, le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est du pays, et son autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL), font toujours face à la résistance des forces du Gouvernement d’union nationale (GNA), reconnu par la communauté internationale et basé dans la capitale.

Cette bataille « pourrait conduire à la division permanente du pays », a averti Ghassan Salamé. « La Libye est sur le point de tomber dans une guerre civile », a-t-il ajouté. L’émissaire de l’ONU pour la Libye a par ailleurs exhorté le Conseil de sécurité de stopper le flot d’armes arrivant dans le pays.

Quasiment au même moment, les canons tonnaient au sud de la capitale libyenne et des tirs à l’artillerie lourde étaient entendus depuis le centre de Tripoli. Il s’agit des affrontements les plus violents depuis le début du mois de jeûne musulman du ramadan, le 6 mai.

Le maréchal Haftar à Paris

Des affrontements ont eu lieu notamment dans le quartier de Salaheddine, en banlieue sud, où les forces pro-GNA ont gagné du terrain, selon leur porte-parole Moustafa al-Mejii. Dans ce quartier résidentiel, les forces de Fayez al-Sarraj ont fait une avancée de deux à trois kilomètres.


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Depuis le début de l’assaut des forces du maréchal Haftar le 4 avril, les combats ont fait 510 morts et 2 467 blessés, selon un bilan communiqué lundi par l’Organisation mondiale de la Santé. Selon l’ONU, plus de 75 000 personnes ont été obligées de fuir, et plus de 100 000 autres sont prises au piège des combats aux abords de Tripoli.

Mais jusqu’à présent, les appels de la communauté internationale à un cessez-le-feu ont été ignorés par les deux camps. Deux semaines après la visite à Paris de Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement reconnu par la communauté internationale, le maréchal Haftar devrait rencontrer à son tour ce mercredi le président français Emmanuel Macron.

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