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Cet article est issu du dossier «Étienne Tshisekedi à Kinshasa : le dernier voyage de l’opposant historique»

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Politique

RDC : le rapatriement à Kinshasa du corps d’Étienne Tshisekedi programmé le 30 mai

Le cercueil d'Étienne Tshisekedi, à Bruxelles, le 5 février 2017. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

La dépouille d’Étienne Tshisekedi, opposant congolais historique et père de l’actuel président, doit être rapatriée à Kinshasa jeudi 30 mai, selon son frère Gérard Mulumba. La cérémonie d’inhumation, prévue le 1er juin, pourrait rassembler plusieurs chefs d’État étrangers.

Plus de deux ans après son décès à Bruxelles, Étienne Tshisekedi devrait enfin embarquer pour son tout dernier voyage. Le frère du défunt, l’archevêque émérite de Mweka, Gérard Mulumba, a confié à Jeune Afrique que le rapatriement de son corps à Kinshasa aurait lieu « jeudi 30 mai ». Un vol devrait être spécialement affrété depuis Bruxelles, où la dépouille repose toujours dans une chambre froide.

Selon Mgr Mulumba, l’inhumation est prévue le 1er juin dans la commune de la Nsele. Ces dates ont par ailleurs été confirmées à Jeune Afrique par des sources diplomatiques et par une source à la présidence.

Une vingtaine de chefs d’État attendus

La présidence congolaise a d’ores et déjà invité plusieurs chefs d’État et hauts responsables étrangers à y participer et s’attend à en recevoir une vingtaine.

Ils devraient donc être plus nombreux que lors de la cérémonie d’investiture de Félix Tshisekedi, le 24 janvier dernier, à Kinshasa. Seul le Kényan Uhuru Kenyatta avait alors fait le déplacement, la plupart des chefs d’État concernés n’ayant pas souhaité cautionner par leur présence l’alternance entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi. La transparence de l’élection présidentielle était alors fortement mise en doute par l’Église catholique, les Occidentaux et l’Union africaine.

La cérémonie du 1er juin devrait, a contrario, permettre de renforcer la stature internationale du président Félix Tshisekedi, tout en rendant hommage à la lutte pour la démocratie en RD Congo.

Opposant depuis Mobutu

Étienne Tshisekedi a en effet été l’un des premiers hommes politiques à s’opposer au très autoritaire Mobutu Sese Seko, dès 1980. Face à son régime de parti unique, Tshisekedi père avait cofondé la mythique Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Il a ensuite aussi combattu pacifiquement le régime de Laurent-Désiré Kabila, tombeur de Mobutu – par les armes – en 1997.

Étienne Tshisekedi s’est enfin opposé à Joseph Kabila, arrivé au pouvoir en 2001, après l’assassinat de son père. Le « sphinx de Limete » s’était présenté face lui lors de la présidentielle de 2011. Au terme de ce scrutin chaotique et peu transparent, Joseph Kabila a été déclaré vainqueur, ce qui n’a pas empêché Étienne Tshisekedi de revendiquer sa victoire des années durant.

Il sera resté le principal opposant au régime jusqu’à son décès à Bruxelles, d’une embolie pulmonaire, le 1er février 2017, à l’âge de 84 ans.

La construction d’un mausolée à sa mémoire devrait se poursuivre après l’inhumation, au-dessus du caveau où il reposera.

Ce monument sera situé à quelques centaines de mètres de la ferme de Kingakati, où Joseph Kabila réside depuis qu’il a quitté la présidence.

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