Politique

Bénin : Louis Vlavonou élu président de l’Assemblée nationale

Le nouveau président de l'Assemblée nationale béninoise, Louis Vlavonou.

Le nouveau président de l'Assemblée nationale béninoise, Louis Vlavonou. © YouTube/LES DEMOCRATES

Le député Louis Vlavonou (Union progressiste) a été élu vendredi 17 mai président de l'Assemblée nationale béninoise, avec 78 voix pour et une contre. Son élection confirme la fin de la règle tacite qui voulait que le président du Parlement ne soit pas originaire de la même région que le chef de l'État.

Officiellement installés la veille sous haute sécurité, les députés de la huitième législature – désignés lors d’un scrutin auquel aucun parti de l’opposition n’a pu participer – se sont retrouvés vendredi pour élire les membres du bureau pour les quatre prochaines années. À l’issue du vote, le député Louis Vlavonou est devenu le nouveau président du Parlement. Un choix qui a déjoué tous les pronostics, et confirmé la rupture avec une longue tradition d’équilibre régional – déjà mise à mal par l’arrivée au pouvoir de Patrice Talon – entre le Nord et le Sud dans la répartition des postes entre la présidence de la République et la présidence du Parlement.


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Les deux formations politiques représentées au Parlement se sont entendues pour définir une liste unique de candidatures pour les sept membres du bureau. Ce dernier sera donc conduit par Louis Vlavonou, régulièrement élu député depuis 2003. Ce sexagénaire n’a jamais siégé dans les organes du Parlement, après avoir échoué à obtenir le poste de président de commission en 2007, 2011 et 2015. Colonel des douanes à la retraite, il a été élu dans la 21e circonscription électorale – correspondant à ville de Sakété, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la capitale politique Porto-Novo – , sur la liste de l’Union progressiste (UP, majoritaire avec 47 députés).

« Enterrement politique » d’Adrien Houngbédji

Depuis 1995, le perchoir a toujours été occupé par un parlementaire originaire du sud. Mais avant l’avènement du président Patrice Talon en 2016, cette situation a, en vingt ans, toujours été couplée avec la présidence du pays par un homme du nord. Un équilibre régional entré dans les mœurs politiques. « La stabilité du pays résulte en grande partie de cette tradition dans le système politique qui veut que lorsque le président de la République a ses origines dans le nord du Bénin, celui de l’Assemblée nationale ait les siennes au Sud, ou dans une autre région du pays », explique Ibrahim Salami, professeur de droit réputé proche du pouvoir mais connu pour son franc-parler.

C’est un choix qui vise à enterrer politiquement Me Adrien Houngbédji, son prédécesseur et leader influent dans la région de Porto-Novo

Désormais deuxième personnalité de l’État, Louis Vlavonou va accroître son capital politique et sera l’une des personnalités les plus en vue dans la région de Porto-Novo. « C’est un choix qui vise à enterrer politiquement Me Adrien Houngbédji, leader influent dans la zone », commente un analyste politique à Cotonou. Adrien Houngbédji, député depuis la première législature en 1995, dirigeait le Parlement depuis douze ans.

Équilibre entre l’UP et le BR

Le poste de premier vice-président est revenu à Mariama Chabi Talata Zimé, de la liste UP, suppléante de Sacca Lafia qui a, par lettre officielle, choisi un peu plus tôt dans la journée de rester à son poste de ministre de l’Intérieur. Robert Gbian, ancien général de l’armée à la retraite et élu du Bloc républicain (BR, 36 sièges), conserve son poste de deuxième vice-président du Parlement, comme lors de la précédente législature.


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Le poste de premier questeur est confié à Boniface Yehouétomè (UP), secondé par André Okounlola (BR). Même schéma de partage entre les deux listes pour les deux postes de secrétaire parlementaire : Sofiath Schanou première secrétaire (BR), et Delonix Kogblévi deuxième secrétaire (UP).

Malgré le consensus autour de cette liste plébiscitée à 78 voix, il y a eu trois abstentions, un bulletin nul et un « non ». Le nouveau bureau de l’Assemblée comporte deux femmes, contre une seule lors de la précédente législature. Le taux de représentativité de la gent féminine au sein du Parlement n’a pas varié par rapport à 2015-2019 : 7 %, soit six députées.

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