Politique

RDC : Antipas Mbusa Nyamwisi annonce son retour et affirme avoir le feu vert de Félix Tshisekedi

Antipas Mbusa Nyamwisi, ancien ministre de RDC. © DR / Mbusa Nyamwisi

Opposant farouche au pouvoir de Joseph Kabila depuis 2012, l'ancien chef de guerre Antipas Mbusa Nyamwisi annonce son retour en RDC avant le 30 juin 2019. Il confie en exclusivité à Jeune Afrique avoir obtenu des garanties auprès du nouveau chef de l'État, Félix Tshisekedi, de ne pas être arrêté à son arrivée.

Après sept ans d’exil, l’opposant congolais  a annoncé sa volonté de rentrer en RDC. « Je programme mon retour avant le 30 juin, j’ai déjà mon passeport », assure à Jeune Afrique Antipas Mbusa Nyamwisi, qui vit actuellement à Bruxelles, en Belgique. Il certifie par ailleurs avoir obtenu « la garantie de l’autorité suprême », le président Félix Tshisekedi, de n’être « ni arrêté, ni traqué » à son retour.

« Je ne peux plus attendre », insiste celui qui fut membre de plusieurs mouvements rebelles ayant pris les armes contre Mobutu Sese Seko, Laurent-Désiré et Joseph Kabila, dont il fut également le ministre des Affaires étrangères.

Des contacts pris au Kenya

Ces garanties, Antipas Mbusa Nyamwisi – soutien déclaré de Martin Fayulu lors de la présidentielle – les obtenu alors même qu’il s’est montré particulièrement virulent à l’encontre de Félix Tshisekedi. En janvier dernier, lorsque ce dernier avait été investi  président de la République, Antipas Mbusa Nyamwisi avait même agité le spectre d’une guerre, appelant à mots à peine voilés à la lutte armée.

Des contacts avaient été établis avec le président congolais, quelques semaines plus tard, à l’occasion d’une rencontre au Kenya, en marge d’une tournée officielle de Félix Tshisekedi dans la région. L’opposant avait également fait part de ses contacts avec Félix Tshisekedi aux autres leaders de Lamuka – Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Freddy Matungulu, Adolphe Muzito et Jean-Pierre Bemba – lors de leur dernière réunion fin avril à Bruxelles.

Lutter contre Ebola et les groupes armés

« Le parti a accueilli avec beaucoup de satisfaction et de soulagement l’annonce du retour imminent de son président Antipas Mbusa Nyamwisi », a réagi Grégoire Kiro, le secrétaire général du Rassemblement des Congolais pour la démocratie (RCD/KML).

Antipas Mbusa Nyamwisi, dont le parti est membre de la plateforme Ensemble pour le changement de Moïse Katumbi et de la coalition Lamuka, au sein de laquelle il arrive à la cinquième position pour la coordination tournante (trimestrielle), entend en effet « jouer un rôle de premier plan dans la recherche de la paix dans l’est du pays ». Et notamment dans la région de Beni, où l’activisme des groupes armés nationaux et étrangers sèment la terreur dans la population, « orpheline de son leader ». « Je dois venir contribuer aux efforts pour éradiquer le virus Ebola et les groupes armés, et pour ça je ne peux pas attendre », souligne-t-il.

La zone du « grand nord » de la province du Nord-Kivu (Béni, Butembo, et Lubero), où les rebelles Maï-Maï, FDLR et ADF sont actifs et où le virus Ebola a été déclaré, sont les zones d’influences politiques et militaires d’Antipas Mbusa Nyamwissi. Le 13 mai, la flambée épidémique déclarée depuis le 1er août 2018 avait déjà causé 1 136 victimes, dont 1 048 parmi les 1 632 cas confirmés.

Le 30 juin sous le signe de la réconciliation ?

Avant l’annonce d’Antipas Mbusa Nyamwisi, d’autres opposants en exil sont retournés en RDC ou annoncé leur retour. Le collectionneur et homme d’affaires Sindika Dokolo est retourné au pays depuis le 7 mai dernier, l’opposant Moïse Katumbi est annoncé le 20 mai prochain à Lubumbashi, et Jean-Pierre Bemba, le président du Mouvement de libération du Congo (MLC), est également annoncé dans le pays au cours des prochaines semaines.

Ces retours d’opposants, jusqu’ici impossibles sous le régime de Joseph Kabila, marquent une étape de plus dans la décrispation politique. Si Martin Fayulu, donné perdant au dernier scrutin, continue cependant son combat pour la « vérité des urnes » et revendique toujours la victoire, d’autres leaders de l’opposition – notamment Moïse Katumbi, se montrent plus conciliants avec le nouveau président.

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