BTP & Infrastructures

Liaison ferroviaire Abidjan-Ouaga : Bolloré s’inquiète de la rentabilité du projet

Sitarail est une filiale du Groupe Bolloré qui en détient 67 %, la Côte d'Ivoire et le Burkina en sont également actionnaires (15 % chacun).

Sitarail est une filiale du Groupe Bolloré qui en détient 67 %, la Côte d'Ivoire et le Burkina en sont également actionnaires (15 % chacun). © DR

Face, notamment, à la concurrence du corridor Ouaga-Accra pour le transport de minerais, la filiale locale de Bolloré Transport et Logistique a mis en suspens les travaux de la ligne ferroviaire Abidjan-Ouaga et interpelle les autorités.

Établie en juillet 2016 mais adoptée par le Parlement burkinabé en décembre 2018, la convention de concession révisée (CCR) pour l’exploitation et la gestion du chemin de fer Abidjan-Ouaga prévoit un investissement de 400 millions d’euros pour réhabiliter la liaison ferroviaire (renouvellement complet de 852 km de voies ferrées, sur les 1 260 km reliant Abidjan à Ouagadougou,  et de maintenance des infrastructures du réseau).

Selon des informations obtenues par Jeune Afrique Business +, le groupe français Bolloré Transport et Logistique, chargé de l’investissements et détenteur de cette CCR à travers sa filiale de Sitarail, a récemment formulé des inquiétudes au cours de réunions avec les États. Le groupe aurait ainsi reporté sine die les travaux côté Burkina, qui devaient démarrer le 18 avril dernier pour une durée de cinq ans. Soit un investissement ajourné de 130 millions d’euros équivalent à la première tranche. Côté ivoirien, les travaux sont toujours en cours après avoir débuté en décembre 2017.

Concurrence de la ligne Ouaga-Accra

Dans un document daté du 16 avril, intitulé « Point d’étape pour une entrée en vigueur de la CCR [convention de concession révisée, Ndlr] », Sitarail estime que l’environnement économique du projet a connu une « évolution notable ».  Il cite notamment la concurrence du projet ferroviaire Ouaga-Accra − pour lequel les États sont en train de sélectionner l’entreprise pour les travaux −, l’impact du métro d’Abidjan, ou encore celui de la loi de finances 2018 de la Côte d’Ivoire, qui durcit les conditions d’investissement des opérateurs privés dans le pays de manière générale.

Selon Sitarail, ces nouvelles conditions posent désormais la question de la rentabilisation des investissements et de l’équilibre financier de la concession. Cette dernière repose sur le transport de 3 millions de tonnes de minerai à partir du gisement de manganèse de Tambao et deux autres de marchandises.

« Nous souhaitons porter à l’attention des États concédants les nouveaux événements impactant, pour certains lourdement, le projet pour lequel Sitarail s’est largement mobilisé en engageant 17 milliards de FCFA [26 millions d’euros] en avance de phase », alerte le document signé Quentin Gérard, directeur général de la société.

Objectif : 3 millions t. de minerais et 2 millions de voyageurs

Selon Sitarail, l’entrée en vigueur avec deux années de retard, de la CCR établie en 2016, a renchéri les coûts des travaux de réhabilitation. De plus, la vocation de transport de minerais du projet ferroviaire Ouaga-Accra contrarie les engagements pris par Sitarail dans la CCR qui « reposent sur un équilibre dont l’exportation du minerai est un élément essentiel ».

Pour Sitarail, le transport de trois millions de tonnes de minerais de manganèse par an demeure un élément clé de la viabilité économique de la ligne ferroviaire. Cette CCR devrait à terme permettre à la société de franchir le cap des cinq  millions de tonnes de trafic chaque année, via le chemin de fer.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte