Justice

Algérie : Louisa Hanoune inculpée pour « atteinte à l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’État »

Meeting de Louisa Hanoune, secrétaire générale du Parti des Travailleurs, en campagne pour pour les élections législatives, à Alger (Algérie) le 29 avril 2017 © Bensalem/APP/Andia.fr

La justice algérienne a inculpé Louisa Hanoune, cheffe du Parti des travailleurs (PT), de complots contre l'armée et l'État pour avoir rencontré Saïd Bouteflika, alors conseiller de son frère Abdelaziz, lui-même encore chef de l'Etat, a indiqué ce lundi un de ses avocats.

Secrétaire général du PT depuis 1997, Louisa Hanoune a été placée en détention provisoire le 9 mai, à l’issue de son audition par un juge d’instruction militaire dans une enquête contre Saïd Bouteflika et les généraux Mohamed Mediene dit « Toufik » et Athmane Tartag dit « Bachir », anciens chefs des puissants services de renseignement.

« Les chefs d’inculpation de Mme Louisa Hanoune sont les mêmes que ceux des trois autres: atteinte à l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’État », a déclaré à l’AFP Me Boudjemaa Ghechir. Selon lui, ses inculpations sont liées au fait que Louisa Hanoune a rencontré Saïd Bouteflika, durant la crise née du mouvement de contestation inédit déclenché en Algérie le 22 février et qui a contraint Abdelaziz Bouteflika à démissionner, après 20 ans à la tête de l’Algérie, sous les pressions conjuguées de la rue et de l’armée.

Elle « avait l’habitude de donner son avis sur la situation politique »

« Mme Louisa Hanoune a reconnu avoir recontré Saïd Bouteflika, seul et à sa demande. Il n y a pas eu de réunion des quatre » inculpés, a souligné Me Ghechir, précisant qu’à l’époque Abdelaziz Bouteflika était toujours président de la République et son frère Saïd toujours son « conseiller spécial ».

Elle « avait l’habitude de donner son avis sur la situation politique, même avec le président Bouteflika », a-t-il ajouté. Homme fort de facto du pays depuis qu’il a lâché Abdelaziz Bouteflika, dont il avait été un indéfectible soutien durant 15 ans, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, avait mis en cause les trois hommes dès la fin du mois de mars, sans les nommer, les accusant de complot contre la stabilité de l’Algérie.

Peu avant, le général Gaïd Salah avait demandé, face à la contestation, que soit mis en oeuvre la procédure permettant un départ du président Bouteflika du pouvoir, soit par une démission soit en le déclarant inapte pour raisons de santé. Les observateurs avaient interprété ses mises en garde comme la crainte d’une alliance entre l’entourage de Abdelaziz Bouteflika, son frère en tête, et les anciens responsables des services de renseignements pour contrer le général Gaïd Salah.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte