Justice

RDC : les dessous de l’arrestation de Ne Muanda Nsemi, de retour en prison deux ans après son évasion

Ne Muanda Nsemi (à gauche), aux côtés de Joseph Olenghankoy, président du CNSA, à Kinshasa le 6 mai 2019.

Ne Muanda Nsemi (à gauche), aux côtés de Joseph Olenghankoy, président du CNSA, à Kinshasa le 6 mai 2019. © DR / Twitter Joseph Olenghankoy

Ne Muanda Nsemi, le chef de la secte Bundu dia Kongo, a été incarcéré à la prison de Makala, à Kinshasa, ce vendredi, deux ans après son évasion spectaculaire. Il était réapparu en public mardi, à la surprise générale, lors d’une conférence de presse du CNSA. Les services de renseignement estiment que, durant sa cavale, il se cachait à la frontière entre la RDC et l’Angola et se serait également rendu au Congo-Brazzaville.

Zacharie Badiengila – alias Ne Muanda Nsemi – a été reconduit à la prison centrale de Makala à Kinshasa, trois jours après sa surprenante réapparition publique aux côtés de Joseph Olengankoy, le président du Conseil national de suivi de l’accord du 31 décembre (CNSA), mardi, lors d’une conférence de presse.

Dès le 7 mai dans la soirée, la police – « instruite de procéder à son arrestation » par le vice-Premier ministre intérimaire en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Basile Olongo – avait entamé des négociations avec le chef de la secte Bundu dia Kongo pour l’amener à se rendre. « Félix Tshisekedi avait donné pour instruction que tout se passe en douceur », a précisé à Jeune Afrique une source proche de la présidence.

Quel a été le rôle de Joseph Olengankoy ?

« Quand nous nous sommes rendus chez lui après sa réapparition, il n’était plus là. Il n’a passé qu’une trentaine de minutes chez lui, puis est allé directement se cacher chez Joseph Olengankoy, le président du CNSA », affirme un haut gradé de la police, sous couvert d’anonymat. « Finalement, les négociations ont été entamées avec Joseph Olengankoy, ce qui a facilité les choses et permis qu’elles se passent en douceur, comme l’avait souhaité le président de la République », ajoute notre source.


>>> À LIRE – RDC : la surprenante réapparition publique de Ne Muanda Nsemi, chef de la secte Bundu dia Kongo


C’est en compagnie du président du CNSA que Me Nuanda Nsemi a été reconduit sous bonne escorte policière à la prison centrale de Makala, où il s’était évadé près de deux ans plus tôt. Se plaignant d’un malaise, il est actuellement admis au centre de santé de la prison.

Contacté par Jeune Afrique, le président du CNSA n’a pas souhaité confirmer ou infirmer cette version des faits.

Une clandestinité sur le territoire du FLEC

Plusieurs fois donné pour mort depuis son évasion spectaculaire de la prison de Makala, en mai 2017, Ne Muanda Nsemi n’a rien dévoilé sur sa clandestinité ni à la presse ni aux services de renseignement. Plusieurs sources au sein des renseignements militaires assurent cependant qu’il vivait dans une zone proche de la frontière entre la RDC et l’Angola et qu’il aurait également séjourné au Congo-Brazzaville. « Il s’était caché dans des zones contrôlées par le Front de libération de l’État du Cabinda [FLEC, un mouvement indépendantiste armé fondé en 1963 luttant contre l’État angolais,ndlr] », précise l’une de nos sources.

Dès les heures qui ont suivi sa réapparition surprenante, mardi au siège du CNSA, le gouvernement avait ordonné l’arrestation immédiate de Ne Muanda Nsemi, par la voix du vice-Premier ministre intérimaire en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Basile Olongo.

Pour comprendre la prudence et les précautions employées par les services de sécurité vis-à-vis du leader des Bundu dia Kongo, il faut se rappeler qu’en mars 2017, il avait opposé une farouche résistance à la police, qui avait assiégé sa résidence pour l’arrêter. Il n’avait finalement été arrêté qu’au bout de trois semaines de siège de sa résidence, et au prix de plusieurs morts parmi ses partisans.

Enfermé à la prison de Makala, l’évasion de Ne Muanda Nsemi, le 17 mai 2017, avait été permise par une attaque menée par les partisans de son mouvement politico-réligieux Bundu Dia Kongo, et avait provoqué la fuite de plus de 4 000 autres prisonniers.

Par ailleurs, des députés nationaux et personnalités de la province du Kongo Central, d’où est originaire Ne Mwanda Nsemi, avait fait entendre leurs voix pour s’opposer à cette arrestation.

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