Sécurité

Mali : 18 jihadistes auraient été libérés en échange d’un préfet et d’un journaliste

Un soldat malien ferme une cellule dans laquelle des jihadistes sont détenus, à Gao, le 11 février 2013.-592x296-1490885590 © © Jerome Delay/AP/SIPA

Un préfet et un journaliste maliens enlevés dans le centre du pays, auraient été libérés en février dernier en échange de 18 jihadistes retenus par la justice, dont un condamné en août 2017 à dix ans de prison, ont déclaré plusieurs sources concordantes.

Le gouvernement malien avait annoncé le 19 février la libération du préfet de Ténenkou (centre), Makan Doumbia, et du journaliste Issiaka Tamboura, tous deux enlevés en 2018 au centre du pays. Une libération présentée comme le « fruit d’un long processus initié pour préserver leur vie », sans autres précisions.

« Mon client Aliou Mahamane Touré m’a appelé récemment au téléphone pour me dire qu’en compagnie de 17 autres prisonniers, il a été libéré en février dernier dans le cadre d’un échange de prisonniers avec les jihadistes quelque part sur le territoire malien », a déclaré à l’AFP son avocat, Maliki Ibrahim. C’est après la libération de ces 18 détenus, « dont deux femmes, que le journaliste et le préfet ont été libérés », a indiqué Me Ibrahim.


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Commissaire islamique à Gao, principale ville du nord du Mali passé sous la coupe des jihadistes en 2012, Aliou Mahamane Touré avait été condamné le 18 août 2017 par la cour d’assises de Bamako, à dix ans de réclusion pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes, atteinte à la sûreté intérieure et coups et blessures aggravés. « Je suis son conseil, et je n’ai pas été informé par les voies normales de sa libération. C’est bien après que lui-même m’a téléphoné pour m’informer », a ajouté l’avocat, affirmant avoir saisi les autorités judiciaires.

Un cousin d’Aliou Mahamane Touré, Mohamed Kouné Touré, a également déclaré à l’AFP avoir reçu un appel téléphonique d' »Aliou, disant qu’il a fait l’objet d’un troc avec 17 autres personnes ». Selon le récit relayé par ce cousin, les prisonniers auraient été conduits à un endroit où deux personnes amenées par un véhicule portant le « drapeau des islamistes » auraient été remises aux autorités maliennes.


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Interrogée par l’AFP, la justice malienne n’a pas souhaité commenter officiellement les propos de l’avocat et de ce parent d’Aliou Mahamane Touré. En revanche, un responsable de la prison civile de Bamako a confirmé à l’AFP que l’ancien commissaire islamique de Gao, ainsi que d’autres jihadistes, « ont bien été libérés quasiment au même moment que les deux otages ». « D’autres jihadistes jugés ou en attente de jugement ont été libérés des prisons maliennes, notamment celle de Bamako et de Koulikoro, au même moment que le journaliste et le préfet », a ajouté la même source.

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