Grande distribution

Distribution : Guy Hayward quitte Massmart, l’expansion africaine du détaillant sera pilotée par un nouveau patron

Le point de vente en gros Makro à Johannesburg, en Afrique du Sud, fait partie de la chaîne Massmart. (photo d'illustration)

Le point de vente en gros Makro à Johannesburg, en Afrique du Sud, fait partie de la chaîne Massmart. (photo d'illustration) © Themba Hadebe/AP/SIPA

Alors que le groupe sud-africain Massmart compte ouvrir 43 magasins d’ici 2021, dont 13 hors des frontières du pays, le directeur général du groupe, Guy Hayward, a annoncé son départ.

Le directeur général de Massmart, Guy Hayward, a annoncé le 6 mai son intention de quitter « avant la fin de l’année » les fonctions qu’il occupait depuis cinq ans à la tête du groupe sud-africain de grande distribution, détenu majoritairement depuis 2011 par l’américain Walmart, qui possède 423 magasins dans 13 pays.

Cette annonce intervient un mois après la publication par le groupe des résultats d’une années 2018 « exceptionnellement difficile », en raison de la situation macroéconomique en Afrique du Sud et dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne où Massmart est présent.

« La récession économique enregistrée en 2018 a entraîné de graves tensions sur les échanges et des dépenses dans la plupart des commerces de détail, y compris le nôtre. La pression exercée sur les ventes pendant la majeure partie de l’année a été exceptionnellement basse. L’inflation des prix des produits alimentaires, due à la déflation des produits de base », avait alors commenté Guy Hayward.

Le Kenya et la Zambie comme cibles prioritaires

Au-delà de ce constat morose, le dirigeant avait évoqué la présence croissante du groupe en Afrique subsaharienne et ses plans de d’expansion sur le continent, 13 des 43 nouveaux magasins annoncés devant ouvrir hors d’Afrique du Sud, notamment au Kenya et en Zambie.


>>> À LIRE : Le sud-africain Massmart poursuit sa marche africaine


« Nous pensons qu’à long terme, plusieurs pays d’Afrique subsaharienne devraient enregistrer une forte croissance économique réelle (supérieure à 4 % par an). Cette croissance s’accompagnera d’une classe moyenne en plein essor, ainsi que d’une participation et d’une pénétration accrues du commerce de détail moderne. Nous pensons que ces deux tendances favoriseront une forte croissance des ventes au détail à long terme », avait précisé Guy Hayward.

« Les ventes hors Afrique du Sud représentent actuellement 19 % des ventes totales de Massdiscounters [parmi lesquels l’enseignes Game comptabilise 22 magasins dans 11 pays hors Afrique du Sud], 8 % des ventes de Massbuild [dont l’enseigne Builders Warehouse, spécialisée dans le bricolage, est présente au Botswana, au Mozambique et en Zambie] et 11 % des ventes de Masscash Wholesale [qui compte 13 magasins Cash & Carry au Botswana, au Lesotho, au Mozambique, en Namibie, au Swaziland et en Zambie] », avait-il ajouté.

Un bon ratio ventes/magasin

Si Massmart n’est pas le seul groupe sud-africain de grande distribution à mettre en avant une stratégie d’expansion africaine – ses compatriotes Shoprite et Pick N Pay affichent des plans similaires -, Guy Hayward a mis en avant des ventes moyennes par magasin de 167,7 millions de rands (10,4 millions d’euros), qui sont selon lui « jusqu’à trois fois plus élevées que celles de nombreux concurrents sud-africains ».

« Cela nous permet de construire relativement moins de magasins tout en attirant des parts de marché importantes et, surtout, de maintenir des coûts d’exploitation faibles (en pourcentage des ventes) dans ces magasins, ce qui nous permet d’être très compétitifs sur les prix », a-t-il indiqué.

Pour Brian Leroni, cadre du groupe Corporate Affairs cité par l’agence de presse Reuters, Guy Hayward a estimé qu’au moment des élections générales sud-africaines, le moment était venu « de laisser les rênes de la prochaine phase de croissance de Massmart et du pays ».

Cours de l’action en baisse

Mais cette démission inattendue a jeté un froid : « Ce n’est jamais une bonne nouvelle qu’un dirigeant démissionne sans avoir de remplaçant immédiat », a ainsi déclaré à Reuters Wayne McCurrie, gestionnaire du portefeuille de patrimoine et placements de FNB. Le groupe s’est en effet contenté d’indiquer, dans un communiqué, que « le processus de nomination du successeur de Guy [Hayward] est en cours et le conseil d’administration fera d’autres annonces en temps voulu ».

Malgré ce communiqué et le fait que le dirigeant se soit engagés à rester quelques mois pour aider son successeur, le 6 mai, les actions de Massmart ont baissé de 2,82 % à 91,59 rands, alors que l’indice All Johannesburg de Johannesburg était en baisse de 1,57 %.

Le cours de l’action de Massmart a chuté de plus de 32 % depuis juin 2014, date à laquelle Hayward a pris ses fonctions. Dans le même temps, ses concurrents Shoprite et Pick n Pay, ont vu le cours de leurs actions progresser respectivement de 11,5 % et 19 %.

Votre magazine JEUNE AFRIQUE

consultable sur smartphone, PC et tablette

Couverture

Profitez de tous nos contenus exclusifs en illimité !

Abonnez-vous à partir de 7,99€

Déjà abonné(e) ? Accédez au kiosque

Abonnez-vous à la version papier

Fermer

Je me connecte