Économie

Grand invité de l’Économie RFI/Jeune Afrique – Ibrahim Iddy Ango : « En matière d’économie, la prochaine décennie va être fantastique pour le Niger »

Ibrahim Iddy Ango, PDG de la Compagnie d'assurances et de réassurances du Niger, PDG de Malbaza Cement Company et président de Airtel Niger, dans les locaux de RFI, le 3 mai 2019. © François Grivelet pour JA

L’assureur nigérien Ibrahim Iddy Ango a depuis le début des années 2000 considérablement diversifié ses activités. Il est aussi présent dans le secteur des télécoms, de l’immobilier et du ciment. Il est le Grand Invité de l’économie RFI-Jeune Afrique samedi 2 juin sur RFI, à 12 h 10 heure de Paris, 10 h 10 TU.

Après des études universitaires qui l’ont mené en Guinée, au Togo, en France et finalement au Cameroun, Ibrahim Iddi Ango a fondé en 1977 la première compagnie d’assurance nigérienne, détenue par l’État. À sa tête pendant onze ans, il a ensuite démarré une carrière dans le secteur privé. Il est aujourd’hui l’un des hommes d’affaires les plus prospères du pays.

L’ancien commis de l’État est PDG de la Compagnie d’assurances et de réassurances du Niger, PDG de Malbaza Cement Company, président du conseil d’administration d’Airtel Niger, compagnie initialement créée par Mo Ibrahim dont il est actionnaire depuis 2001, et promoteur immobilier. Pour RFI et JA, il revient sur son parcours et livre un regard optimiste sur les perspectives économiques de son pays.

  • Anomalie

Notre cimenterie corrige une anomalie économique. Le Niger est l’un des rares pays à disposer de toutes les matières premières pour produire du ciment et jusque-là, il importait des pays voisins, notamment du Nigeria, la quasi-totalité du ciment dont il avait besoin pour construire ses infrastructures. Cela coûtait environ 100 milliards de franc CFA (152,4 millions d’euros) par an et enrichissait des sociétés extérieures qui n’emploient pas de Nigériens et ne paient pas beaucoup d’impôts. Il fallait absolument construire cette cimenterie.

  • Partenaire

Le projet de cimenterie a été extrêmement difficile à mener. Au départ, nous étions dans un schéma classique imposé par les financiers, qui consiste à associer un partenaire local à un partenaire technique et financier (…). Mais dans l’exécution, notre partenaire indien n’a pas respecté les règles d’orthodoxie financière.

Le projet était trop avancé pour faire machine arrière, donc nous avons pris une autre option en cherchant un partenaire technique qui ne soit pas financier. Nous avons trouvé un cabinet, lui aussi indien, qui nous a permis de terminer notre projet dans d’excellentes conditions. Donc il est possible pour des investisseurs africains qui ont de l’audace de conduire un projet complexe, sans avoir l’obligation de s’associer un partenaire stratégique et financier.

  • Dumping

Je crois aux forces autorégulatrices du marché lorsque les règles du jeu sont appliquées. Mais quand elles sont faussées, non pas pour mettre un produit mois cher à disposition des consommateurs, mais pour détruire une entreprises naissante, on n’est plus dans l’autorégulation, mais dans la démolition. On ne peut pas exporter ces pratiques alors qu’on les dénonce chez soi et qu’on y bénéficie d’un certain protectionnisme.

  • Croissance

La croissance est notamment portée par la mise en exploitation des ressources minières. Depuis quelques années, le Niger est un producteur de pétrole, autonome du point de vue des produits raffinés. Mais dans les prochaines années, le Niger va être un exportateur de pétrole brut, au-delà de 100000 barils par jour. La prochaine décennie économique va être fantastique pour le Niger. Il y a des éléments qui sous-tendent la préparation du croissance importante : l’or, le phosphate, le charbon…


>>> À LIRE : Hydrocarbures : le document qui dévoile la stratégie du Niger pour profiter de la manne pétrolière


  • Terrorisme

Effectivement, le Niger fait face à ce défi. Mais en comparaison avec les pays de la région, nous sommes relativement préservés. Cela reste circonscrit  à l’extrême est et à l’extrême ouest du pays, et les foyers de tensions n’ont pas pour origine le Niger.

  • Dette

Avec une dette représentant environ 50 % de son PIB, le Niger est loin de la limite fixée par l’UEMOA (70 %), et fait preuve, je crois, d’une grande prudence. Nous avons une marge de progression, même s’il faut aussi garder un œil sur nos capacités de remboursement.

  • Chine

On peut faire des affaires avec les Chinois comme avec n’importe quels investisseurs. Il faut tout mettre sur la table, sans a priori. On a une gamme de besoins très étendue, et je ne vois aucune difficulté à diversifier nos partenaires.

  • Modèle

Aucun pays ne peut servir de modèle absolu pour un autre pays. On peut prendre des références. La Chine a réussi dans sa lutte contre la pauvreté. Il y a certainement des éléments de succès qui sont transposables, mais d’autres non.

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